L’Algérie a vu son parcours s’arrêter en quarts de finale de la CAN 2025 après une défaite logique face au Nigeria (2-0). Une qualification méritée pour les Super Eagles, globalement supérieurs dans tous les compartiments du jeu, même si certaines décisions arbitrales litigieuses auraient pu influer sur le scénario de la rencontre.
En première période, alors que le score était encore vierge (0-0), les Fennecs peuvent nourrir de sérieux regrets. Un penalty non sifflé aurait pu changer le cours du match et redistribuer les cartes face à une sélection nigériane déjà bien en place. Malgré cet épisode controversé, force est de constater que le Nigeria a progressivement imposé son rythme, sa puissance et sa qualité technique.
Des choix tactiques qui interrogent
Le plan de jeu adopté par Vladimir Petkovic soulève néanmoins plusieurs interrogations. Le sélectionneur algérien a opté pour une approche prudente, basée sur un bloc bas, laissant volontairement le ballon aux Nigérians pour tenter de procéder en contre-attaque. Un choix qui peut sembler logique au vu des qualités offensives adverses, avec des joueurs comme Victor Osimhen, Ademola Lookman ou encore Adams, capables de faire la différence à tout moment.
Cependant, une question demeure : pourquoi ne pas avoir renforcé davantage le secteur défensif ? L’option d’un système à cinq défenseurs, avec trois axiaux, aurait pu offrir plus de solidité, d’autant que Zineddine Belaïd a confirmé sur ce tournoi qu’il possède de réelles qualités, notamment dans l’anticipation, la lecture du jeu et l’interception.
Un onze de départ discutable
Le choix du onze de départ face au Nigeria pose également question. Lors du match précédent contre la RD Congo, Amoura n’avait pas été percutant ni dangereux, confirmant qu’il n’est pas réellement un joueur de pointe. Il est beaucoup plus efficace lorsqu’il évolue comme ailier gauche, où ses qualités offensives et techniques peuvent s’exprimer. L’entrée de Bounedjah face à la RD Congo avait permis de créer des occasions beaucoup plus franches et dangereuses, montrant que le positionnement d’Amoura sur le front de l’attaque n’était pas optimal. Reproduire la même erreur face au Nigeria s’est donc avéré coûteux. De plus, sur le plan physique, Amoura, avec sa petite taille, ne peut pas rivaliser avec des attaquants au gabarit imposant, ce qui a limité sa capacité à conserver le ballon et à peser sur la défense adverse.
Un milieu de terrain en grande difficulté
Au-delà du schéma tactique, c’est surtout le rendement du milieu de terrain qui a posé problème. Dans ce quart de finale, ce secteur clé a cruellement fait défaut. Trop de déchets techniques, de ballons perdus et de passes imprécises ont constamment exposé la défense algérienne et offert des situations dangereuses aux Super Eagles.
Boudaoui et Zerrouki ont livré une prestation timide, semblant en difficulté aussi bien dans l’orientation du jeu que dans la récupération. Était-ce un problème tactique ou simplement un jour sans ? Difficile de trancher.
Des changements tardifs sans impact
Les changements opérés par Petkovic sont intervenus trop tard, ce qui en a fortement réduit l’efficacité. Dans un match où la tactique initiale montrait ses limites et où certains joueurs étaient clairement en difficulté ou hors de rythme, il aurait été bien plus judicieux d’apporter des ajustements plus tôt pour tenter de reprendre le contrôle du jeu et freiner l’élan du Nigeria. Ce manque de réactivité a exacerbé les faiblesses de l’équipe, laissant les Fennecs subir et rendant toute tentative de retour au score beaucoup plus difficile.
Une fatigue physique évidente
L’aspect physique ne peut pas non plus être ignoré. Les 120 minutes disputées face à la RD Congo en huitièmes de finale ont probablement laissé des traces. Les jambes paraissaient lourdes, la lucidité absente par moments, notamment dans les phases de transition où l’Algérie devait pourtant faire la différence.
Responsabilités partagées
Si la tactique de Petkovic peut être débattue, il serait réducteur de faire porter toute la responsabilité au sélectionneur. Sur le terrain, les joueurs n’ont pas su afficher l’intensité requise pour un rendez-vous de cette importance.
Cette élimination met un terme au parcours des Fennecs, arrêtés au stade des quarts de finale, une étape malgré tout encourageante après deux dernières CAN marquées par de profondes désillusions, et une élimination dès la phase de groupes.
Des points positifs existent et devront servir de base pour bâtir les prochains rendez-vous, mais plusieurs lacunes restent à corriger de toute urgence. Face à des adversaires de calibre mondial comme l’Argentine ou l’Autriche, ce type d’erreurs se paie cash. À l’approche de la Coupe du Monde, des ajustements seront nécessaires pour hausser le niveau.
Cette élimination souligne aussi la nécessité d’ouvrir davantage la porte à certains profils capables d’apporter une réelle plus-value. Des joueurs comme Lekhaal ou Abada, qui ont montré tout leur potentiel lors de la dernière Coupe arabe, auraient pu constituer des solutions intéressantes sur ce tournoi. Vladimir Petkovic devra élargir son champ de choix afin d’instaurer une véritable concurrence et renforcer la sélection.






