9nIt6zGHyLThG70XUOWc CAN 2019 : Le chemin sinueux des Lions indomptables vers un autre titre (?)

CAN 2019 : Le chemin sinueux des Lions indomptables vers un autre titre (?)

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En Egypte, les Lions indomptables du Cameroun vont participer à la dix-neuvième CAN de leur histoire. Et c’est avec un statut de champions en titre qu’ils vont aborder cette 32e fête du football continental, forts de leur cinquième sacre obtenu en 2017 au Gabon, alors qu’ils ne comptaient pas parmi les favoris. Cette année encore, malgré ce statut, le Cameroun est compté, à tort ou à raison, parmi les outsiders de la compétition. La plupart des bookmakers ne voient pas les Lions conserver leur titre.

En effet, depuis ce cinquième sacre continental, la sélection camerounaise, qui avait réussi à remonter au classement Fifa jusqu’à se positionner au 32e rang en mars 2017, a rechuté à ce jour, et se classe au 51erang au classement du mois de juin en cours. Cette régression est la résultante d’une série de contreperformances, à commencer par la Coupe des Confédérations 2017 en Russie, où les champions d’Afrique avaient été sortis au premier tour, après deux défaites (Chili : 0-2 ; Allemagne : 1-3) et un nul (Australie : 1-1). Le déclin des Lions s’est poursuivi lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, où ils n’ont n’a pu valider leur ticket pour la phase finale, barrés par le Nigeria.

Révolution sur le banc de touche

Ces mauvais résultats de l’équipe ont orchestré une crise de confiance entre la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), et l’entraineur belge Hugo Broos, vainqueur de la CAN 2017, limogé avec l’ensemble de son staff en décembre 2017. En août 2018 la fédération lui a trouvé un successeur en la personne de Clarence Seedorf, avec comme adjoint son compatriote néerlandais Patrick Kluivert. De nouveaux collaborateurs, camerounais et français, ont été affectés à l’ancien joueur du Milan AC et du Real Madrid, pour préalablement préparer la CAN 2019 à domicile. Mais en novembre 2018, la CAF a décidé de retirer l’organisation de la compétition au Cameroun et de la confier à l’Egypte.

Les Lions indomptables doivent désormais obtenir leur qualification sur le terrain. Chose faite au mois de mars dernier avec une belle victoire 3-0 conclue à la maison face aux Îles Comores. Ils ont poinçonné leur ticket pour aller défendre leur titre en Egypte. Dans le groupe des 23 joueurs retenus par Seedorf, seuls dix sont des rescapés de l’édition 2017, et à peine la moitié a régulièrement débuté dans les onze de départ du coach néerlandais.

Le titre malgré tout…

Ce n’est évidemment pas la même équipe victorieuse de l’épopée gabonaise. Cette révolution avec des changements d’hommes sur le banc comme dans l’effectif, induit forcément un changement de style, une rupture dans la continuité de la quête du sacre final, qui reste tout de même un leitmotiv dans la tanière des Lions indomptables : «on veut ramener la coupe à la maison. On ne va pas rigoler en Egypte. On a une équipe très compétitive, et nous voulons gagner», a laissé entendre le sélectionneur adjoint des Lions, Patrick Kluivert, au départ de l’équipe pour l’Egypte.

La sélection a effectué deux semaines de préparation à Madrid et à Doha, et a transité par Yaoundé avant de rallier Ismaïlia vendredi dernier. Le séjour de la sélection dans la capitale camerounaise en fin de semaine dernière a été rythmé par une crise liée aux revendications de leurs primes de participation. Toute chose qui a retardé de 24 heures le départ de la délégation vers l’Egypte car, il est arrivé au Caire le jour même de l’ouverture du tournoi. Du coup, l’on s’interroge sur la capacité du Cameroun à relever le défi de conserver son titre. Le journaliste camerounais Lindovi Ndjio ne cache pas son scepticisme, mais veut croire à un sursaut d’orgueil des équipiers d’Eric Maxim Choupo-Moting.  «Le Cameroun sait surprendre. Rééditer l’exploit de 2017 est possible, mais c’est difficile en l’état actuel. La force des Lions indomptables réside dans le mental ; ce qu’on appelle au Cameroun ‘’fighting spirit’’, à savoir une force mentale qui permet de se surpasser face à la difficulté. Et cette génération en est capable», analyse le confrère du quotidien La Nouvelle Expression.