WX3Urv93CvUcvnktv58P CAN 2019 ( Cameroun 0 – Ghana 0 ) François Omam Biyik à AFU : «Seedorf n’a pas d’équipe-type, et ça me pose un problème » !

CAN 2019 ( Cameroun 0 – Ghana 0 ) François Omam Biyik à AFU : «Seedorf n’a pas d’équipe-type, et ça me pose un problème » !

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AFU : Quelle analyse vous inspire ce nul 0-0 entre le Cameroun et le Ghana ?

François Omam Biyik : Je pense que les deux équipes sont reparties, satisfaites d’avoir pris un point. On n’a pas vu un grand match. On a vu beaucoup de combats, pas d’actions d’éclat. Je pense que le Cameroun est heureux de repartir avec ce point qui lui permet de se maintenir à la première place du groupe. Quant au Ghana, il espère toujours se qualifier au dernier match (contre la Guinée-Bissau).

AFU : Est-ce qu’il y avait une possibilité pour le Cameroun d’espérer mieux que ce match nul, compte tenu de sa belle entame contre la Guinée-Bissau (2-0), et fort de son statut de champion d’Afrique ?

François Omam Biyik :Au vu de la physionomie du match, il n’y avait pas des raisons d’espérer. Il n’y avait pas des actions d’éclat comme je l’ai dit. Il y a eu très peu d’occasions, et en produisant un jeu pareil, on ne pouvait pas espérer mieux. Mais, c’est des matchs de tournoi, et le plus important, c’est d’engranger les points, et de pouvoir se qualifier pour les huitièmes de finale.

AFU :Et le schéma de jeu mis en place par Clarence Seedorf dans ce match vous a-t-il satisfait ?

François Omam Biyik :Clarence nous a surpris un peu en faisant beaucoup de changements, en jouant avec deux attaquants en 4-4-2, avec Oyongo Bitolo un plus haut. On avait un côté gauche avec un droitier (Clinton Njie) et un côté droit qui avait un gaucher (Bassogog), malheureusement, Bassogog ne laissait pas assez d’espace pour pouvoir déborder. Ce qui fait que le latéral-droit n’avait pas trop de possibilités. Maintenant, est-ce que Clinton Njie et Toko-Ekambi sont compatibles en attaque, je pense que non ! Ils ont le même profil. Ce sont des joueurs rapides qui cherchent des espaces. Quand on joue avec deux attaquants, il faut quelqu’un en appui pour pouvoir dévier et faire la différence, pendant que l’autre tourne autour. Il a tenté quelque chose, ça n’a pas marché. J’espère qu’il a pris de bonnes notes.

AFU : On peut se satisfaire de la prestation des défenseurs camerounais, qui n’ont pas pris de buts tout de même, et ce depuis deux matchs. C’est de bon augure pour la suite, non ?

François Omam Biyik :En football, le plus facile, c’est de défendre. Détruire, c’est le plus facile. Créer, c’est le plus difficile, et c’est ce qui nous manque en ce moment. J’espère que dans les prochains matchs, on va retrouver de la créativité, du jeu. On a quand même des joueurs capables de le faire. On espère qu’ils vont pouvoir se libérer.

AFU : Ça suppose qu’il y a encore beaucoup de choses à revoir dans cette équipe camerounaise, avant la dernière sortie en poule contre le Bénin…

François Omam Biyik :Oui il y a beaucoup de choses à voir. Je pense que connaissant l’homme, il y aura encore des changements au troisième match. Il aura fait le tour, et il aura peut-être une équipe pour les huitièmes de finale, et il va y avoir forcément des changements pour ce dernier match.

AFU : Dans ce match Cameroun-Ghana, était-ce un bon choix pour James Appiah l’entraineur des Black Stars, de continuer à confiner Gyan Asamoah sur le banc de touche, lui qui est tout de même le buteur historique de cette sélection ?

François Omam Biyik :Je pense que l’entraineur connait mieux son équipe. S’il prend la décision de laisser Gyan Asamoah au banc de touche, alors que ça fait un moment qu’il ne le voulait plus en sélection, et que c’est après l’intervention du chef de l’Etat ghanéen qu’il a accepté de revenir, je pense qu’il faut le laisser faire son travail. Il a des joueurs capables de faire le boulot. Il a déjà fait deux matchs nuls. On jugera son parcours à la fin du tournoi.

Ça va bientôt faire un an que Clarence Seedorf officie comme entraineur des Lions indomptables. Est-ce que vous avez le sentiment que durant tout ce temps, il a pu dégager une philosophie de jeu qui lui est propre, à la lumière des différentes sorties des Lions ?

François Omam Biyik :Je crois que oui ! C’est quelqu’un qui aime le ballon, qui aime faire jouer son équipe en sortant les balles en passant par les côtés, en dédoublement de passes. Maintenant, le fait de ne pas avoir une équipe type me pose problème, parce que depuis un an, il a fait beaucoup de changement, et il continue à en faire, même en phase finale de la CAN…

Son prédécesseur Hugo Broos l’a fait aussi, et ça conduit le Cameroun au sacre au Gabon en 2017. C’est peut-être désormais une particularité camerounaise, non ?

François Omam Biyik :Oui mais, on n’est pas encore éliminés. On est encore champions d’Afrique. On espère qu’il va pouvoir amener cette équipe le plus loin possible, et pourquoi pas conserver le titre.