Cameroun: Vérités sur le limogeage de Clarence Seedorf

Cameroun: Vérités sur le limogeage de Clarence Seedorf

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Clarence Seedorf n’est plus l’entraineur des Lions indomptables du Cameroun. La Fédération camerounaise de football l’a officialisé hier, au lendemain de l’annonce faite préalablement par le ministre des Sports et de l’Education physique, lors d’un entretien à la télévision nationale. «La Fédération camerounaise de football a, conformément aux stipulations des clauses résolutoires de leurs contrats de travail respectifs, décidé de mettre fin aux fonctions de l’entraîneur-sélectionneur Clarence Clyde Seedorf, et de l’entraîneur-adjoint, Patrick Stephan Kluivert, à compter de ce jour (hier)», peut-on lire dans un communiqué rendu public hier par le président de la Fecafoot, Seidou Mbombo Njoya. Une décision essentiellement motivée par l’échec des Lions indomptables à la Can 2019, où ils ont été éliminés en huitièmes de finale par le Nigeria (2-3). Un échec des champions d’Afrique d’alors, que les dirigeants imputent sans coup férir au technicien néerlandais, qui était à sa première expérience dans la compétition.  «Les Lions indomptables se sont signalés par un jeu parfois inefficace, monotone, stéréotypé, et même prévisible, ainsi par l’absence d’un véritable leader de groupe. Leur élimination tient de : l’incapacité de l’entraineur sélectionneur à mettre sur pied une équipe conquérante et cohérente ; de sa difficulté à maitriser l’ensemble du groupe et à y faire régner l’ordre et la discipline», a dénoncé Narcisse Mouelle Kombi lundi dernier lors de son passage à l’émission «Présidence Actu» à la Crtv.  

L’impair fatal

La tête de Clarence Seedorf était en en effet mise à prix avant même le départ des Lions indomptables pour l’Egypte. Tout est parti de la réunion de crise, qui avait eu lieu dans la nuit du 20 au 21 juin derniers au cabinet du ministre des sports. Alors que les négociations achoppaient entre les dirigeants et les joueurs, qui ne s’accordaient pas sur les chiffres, Clarence Seedorf, invité à la médiation, a pris le contre-pied de ses employeurs, et n’a pas tenu un discours dans le sens de l’apaisement, a appris La Nouvelle Expression, d’une source présente cette nuit-là lors des pourparlers. «Le ministre lui a dit lors de la réunion de crise au ministre, qui avait duré de 2h10 à 4h30, qu’il ne comprend pas qu’en tant qu’employé de l’Etat, il ne défende pas les intérêts de ses employeurs», susurre notre informateur, qui croit savoir que «ce qui aurait pu sauver Seedorf, c’était qu’il atteigne au moins les demi-finales», renchérit-il. L’élimination précoce de la sélection camerounaise a pour ainsi dire, précipité sa sortie.

Seedorf a pris fait et cause pour ses joueurs, et les a soutenu lorsqu’ils ont choisi de fermer la porte au nez au ministre à quelques heures de leur premier match contre la Guinée-Bissau (2-0). Il a ostensiblement affiché une complicité avec ses joueurs durant la campagne égyptienne, qui s’est aussitôt muée en laxisme et en une perte d’autorité devant ceux-ci. Le ministre a décrié également des «influences externes dissonantes, nuisibles à la cohésion et à l’harmonie du groupe». Notre source, également présente en Egypte pendant cette Can 2019, révèle que «plusieurs joueurs, hébergeaient dans le même hôtel avec leurs familles. Il y en a qui avaient leurs épouses, qui les suivaient partout, du stage de préparation à Madrid, à Ismaïlia, en passant par le Qatar. Et l’entraineur était au courant de tout ce cirque, et n’a pas pris des mesures qui s’imposaient pour restaurer l’ordre», apprend-on.

42.5 millions de salaire mensuel  

Une nuit du mois d’août 2018 passée à négocier son contrat de sélectionneur du Cameroun avec le Comité de normalisation de la Fecafoot et le ministère, Clarence Seedorf avait fini par s’engager pour une durée de 4 ans, avec comme principaux objectifs d’atteindre au moins le dernier carré de la Can 2019, et de qualifier les Lions pour la Coupe du monde 2022. Les deux parties étaient tombées d’accord sur un salaire mensuel de 65 000 euros (42 575 000 FCfa) pour Seedorf en tant qu’entraineur-sélectionneur, et de 25 000 euros (16 375 000 Fcfa) pour son adjoint Patrick Kluivert. Les deux Néerlandais émargeaient près de 60 millions Fcfa par mois au trésor public, et dès signature, ils avaient perçu huit mois de salaire, et de quatre autres mois plus tard.

Cependant, des interrogations subsistent, au sujet d’une résiliation abusive de ce contrat, qui pourrait être brandie comme argument par Seedorf contre le Cameroun. Notre source à la fédération confesse qu’ «il y avait dans le contrat une clause qui prévoyait une résiliation entre les parties au cas où les Lions n’atteignaient pas au minimum les demi-finales de la Can 2019, qui devait préalablement être organisée au Cameroun. La même clause indiquaient qu’il pouvait y avoir rupture au bout de deux ans sans préjudice». En attendant éventuellement une réaction de l’ex coach du Milan AC, il va sans dire qu’il est tombé sous le coup de l’une des clauses de son contrat, et qu’il quitte ses fonctions d’entraineur-sélectionneur, à peine un an après son arrivée.