Cameroun: Serge Branco, l’ancien lion indomptable contraint un journaliste de s’excuser sous la menace

L’affaire s’est déroulée hier au Secrétariat d’Etat à la Défense du Cameroun, le quartier général de la Gendarmerie Camerounaise. Auditionné à la suite d’une plainte pour diffamation, le journaliste Jean-Joël Noutcha a été forcé de présenter des excuses au médaillé d’or olympique  Serge Branco.

Avatar de Joseph Essama (Cameroun) Par 12/05/2022 - 13:44
Cameroun: Serge Branco, l’ancien lion indomptable contraint un journaliste de s’excuser sous la menace

La vidéo fait le tour des réseaux sociaux. Dans le court métrage devenu viral, on voit le journaliste camerounais Jean-Joël Noutcha, la voix tremblante présenter des excuses à l’ancien international camerounais Serge Branco. « Je suis Jean Joël Noutcha en date du vendredi 6 mai 2022, j’ai fait une sortie sur les réseaux sociaux, dans laquelle j’ai traité Serge Branco de filou, d’escroc, de raquetteur  d’entraineurs au sein des sélections nationales. Ces déclarations n’étant que le fruit de mon imagination dû à une manipulation afin de salir et de ternir l’image non seulement du concerné, mais aussi de celui du président de la Fédération Camerounaise de Football. En effet j’ai été induit en erreur et manipulé par un haut cadre de l’exécutif sortant, qui en retour m’a proposé un voyage au prochain mondial pour couvrir cette compétition. A l’association des journalistes sportifs du Cameroun dont j’ai sali la réputation à travers cette sortie et à Serge Branco que je ne connaissais pas auparavant jusqu’à notre rencontre sur les plateaux dans le cadre de l’émission H Foot, je voudrais d’abord présenter mes excuses et demander pardon. Je prends ici l’engagement de ne plus jamais recommencer. S’il y a récidive que je sois à jamais radié de la corporation des journalistes », peut-on entendre le journaliste dire dans la vidéo.
Une deuxième vidéo montre Serge Branco, le torse bombé, saluant le journaliste de la main gauche  et filmant la scène de la main droite. « Sergi, je te remercie déjà pour ta compréhension, je suis ton frère, j’ai terni ton image. Tu n’étais qu’un dégât collatéral pour atteindre Samuel Eto’o, je te dis tiens le coup », affirme le journaliste dans cette nouvelle vidéo. « J’accepte de te pardonner, j’espère que tu ne vas plus recommencer », rétorque le médaillé olympique, avant d’appuyer le bouton de sa caméra.

Violations des droits du journaliste

Même s’il advenait les faits de diffamation sont avérés, il est clair que la méthode utilisée pour régler un probable problème de diffamation par voie de presse n’est pas appropriée. Plusieurs sources ont affirmé que le journaliste a été contraint de faire la vidéo. « Il ne pouvait pas faire une telle vidéo. C’est sous la menace qu’il a été contraint à la faire cette », a laissé entendre une source qui a déploré la situation. Un responsable de la principale association des journalistes de sport du Cameroun a également confirmé ces faits. « Il est clair que Noutcha a parlé sous la contrainte policière, dans la vidéo qu’on l’a forcé de faire », a-t-il écrit en commentaire dans un groupe Watsap.
Le journaliste, lui-même, encore entre les mains de la Gendarmerie, au moment où nous mettions sous presse cet article,  a déclaré que malgré tout, il a été convoqué normalement et que son audition s’est faite dans les règles de l’art.  Contacté à son tour, Serge Branco  n’a pas été très clair, « qu’il vous donne les détails et aller voir ceux qui l’ont menacé, si c’est ce qu’il a affirmé. Je n’ai plus rien à ajouter », a-t-il écrit, se montrant réfractaire à la suite de la conversation.
« Si le journaliste a dit des choses susceptibles de porter atteinte à l’image de Serge Branco. La bonne démarche est de porter l’affaire devant les juridictions tout simplement. Personne n’a le droit de  forcer le journaliste  à faire une vidéo pour s’excuser. Pire encore que la vidéo a été diffusée sans son consentement. S’il a été menacé à l’aide d’une arme, c’est encore plus grave. La violation des droits du journaliste dans cette affaire est manifeste », a commenté un avocat.
L’Association des Journalistes Sportifs du Cameroun a également réagi. Jointe au téléphone, la présidente nationale de la plus grande association des journalistes sportifs du Cameroun a indiqué que son bureau doit se réunir pour s’accorder sur la démarche à adopter.

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Passionné de journalisme, je travaille depuis près de 8 ans comme journaliste au Cameroun. J'ai servi en tant que journaliste politique dans plusieurs rédactions au Cameroun, avant de me reconvertir en économie puis au sport. Je suis membre de l'association des reporters sportifs du Cameroun (RSC). J'ai également collaboré avec plusieurs sites sportifs Camerounais.
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