Mbombo Njoya

Cameroun : Mbombo Njoya sur les nouveaux textes réglementaires de la FECAFOOT

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Le patron de l’instance faitière du football camerounais se réjouit de l’ambiance qui a prévalu lors de l’assemblée générale extraordinaire consacrée à l’adoption des nouveaux textes réglementaires de l’instance qu’il a présidée mardi, 13 juillet 2021 à Yaoundé. Seidou Mbombo Njoya a profité de l’échange qu’il a eu avec la presse au terme de ce rendez-vous déterminant, pour appeler les acteurs du football camerounais à un cessez le feu.

Quels sont les amendements qui ont été apportés à ces textes pour qu’on ait une fédération saine dans les prochains jours ?

Il y a eu pas mal de propositions qui ont été faites, qui sont des modifications très techniques mais qui sont des petites modifications. On va retenir ce qu’on peut retenir aujourd’hui. Il y a effectivement celle qui concerne l’augmentation de la représentativité du football professionnel qui a droit à une place supplémentaire à l’AG.  Nous avons décidé également de ne pas procéder à une augmentation des frais de licence qui avait été proposée, ce que l’assemblée générale n’a pas trouvé cette fois-ci. Il y avait un débat sur la question des AG virtuelles. Vous savez, c’est dans l’air du temps aujourd’hui de tenir des AG virtuels et nous avons introduit ça dans nos textes pour être prévoyant par rapport à l’avenir. Aujourd’hui, on a vu que les réunions virtuelles se multiplient pour faire face à la pandémie. Et ça ne figurait pas dans nos textes, on l’a introduit au cas où nous sommes dans l’impossibilité de nous réunir en présentiel. Donc, nous l’avons adopté. Les femmes ont souhaité être plus nombreuses dans les assemblées générales, il n’était pas aujourd’hui question de prendre cette décision, parce que c’est un point qui mérite un examen, nous avons pris un engagement auprès de l’assemblée générale que le Comité exécutif de la Fédération camerounaise de football se penchera sur la question du relèvement du nombre de femmes à l’assemblée générale. C’est un engagement que nous avons pris et que nous allons respecter. Voilà grosso modo les points importants qui ont été discutés  et qui ont fait l’objet d’une discussion importante et qui entraîne nécessairement des modifications des textes pour la réforme des textes présentés aux délégués.

Est-ce que vous ne craignez pas que ces textes soient une nouvelle fois attaqués et annulés par le Tribunal arbitral du Sport ?

Le Tribunal arbitral du sport n’a pas annulé les élections parce qu’il y avait un problème dans les statuts. Le problème était au niveau du quorum qui a été résolu dans les nouveaux textes. Il n’y a pas une grande différence entre les textes que nous avons adoptés en 2018 et ceux que nous avons adoptés aujourd’hui parce que nous avons juste corrigé quelques points en donnant quelques amendements. C’est pratiquement les mêmes textes parce que le TAS ne demandait pas de changer de textes. Maintenant, nous savons que nous n’avons pas de problème avec le quorum parce que le problème venait des corps de métiers. Ils avaient été introduits, ce qui fait qu’il n’y a plus de problème.

A vous entendre, on a l’impression que les textes sont propres désormais. Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir réussi là où plusieurs professeurs agrégés ont échoué avant vous ?

Je n’ai pas la prétention de dire que les textes sont irréprochables parce que l’histoire nous a appris que les textes, il y en qui passent leur vie à les scruter  à la loupe et puis chercher le moindre petit problème pour les remettre en cause, ce que je trouve regrettable. Nous travaillons depuis trois mois avec la FIFA et comme je le disais tout à l’heure, nos statuts de 2018 ne souffraient d’aucun problème. Il s’agissait d’un problème de quorum. Comme le disait d’ailleurs tout à l’heure le représentant de la FIFA dans son intervention, ce sont des textes standards que vous retrouvez partout. Quasiment tous les pays ont ce genre de statuts. Ils sont quasiment les mêmes aujourd’hui… Aujourd’hui, nous avons travaillé pour faire en sorte que ces textes soient bons, on les a rafraîchis un peu et on va les utiliser. Je pense que nous avons maintenant des textes corrects qui représentent aussi, l’expression démocratique de l’assemblée générale parce que cette AG, avant de l’adopter a passé 7 – 8 heures à débattre autour d’un certain nombre de questions fondamentales concernant ces textes et a fini par les adopter. Je pense que nous sommes satisfaits, on peut dire que nous avons le privilège d’avoir des textes de bonne qualité.

Est-ce que vous serez candidat à votre propre succession?

Le processus électoral n’est pas encore lancé. Je crois qu’on va avoir bientôt une AG pour élire les membres de la commission électorale. Ce serait bien prématuré que je réponde à cette question. Sauf si vous souhaitez que je le sois (rire…)

Quel est le statut réservé à ceux qui ont participé à la rédaction de ces textes ? Ne pensez-vous pas, si vous vous portez candidat, que beaucoup pourraient penser que vous les avez taillés à votre mesure ?

Tout à l’heure, j’ai répondu à la question par rapport à la modification qui a été faite. Dans toutes les associations au monde, l’exécutif sortant organise les élections. Et des fois, il les perd et parfois, il les gagne. C’est le principe démocratique. Et ce sont les mêmes exécutifs qui organisent les élections qui ont préparé les textes. Pour votre gouverne, les textes en questions, même s’ils sont les mêmes qu’en 2018, nous les avons travaillés, trois mois durant. On ne les a pas travaillés seuls, on a associé la FIFA et la CAF. Le représentant de la FIFA disait d’ailleurs que le service juridique de la FIFA a bien scruté ces textes. Aujourd’hui, on ne les a taillés pour personne, ils sont taillés pour les candidats qui viennent. Ils seront 3, 4, 5, je ne sais pas. Après, ce sont les élections, c’est tout. Les textes, ils sont là, c’est pour une vie. Ils ne sont pas forcément immuables, ils changeront peut-être demain mais pour le coup, je pense que le fait que ces textes soient passés entre plusieurs mains donne une gage de sécurité absolue et de transparence… Je vais vous dire quelque chose, si vous faites des recherches, vous allez être surpris. Ce sont des statuts types parce que si vous allez au Congo, à Kinshasa, à Libreville, à Abidjan, en Algérie, la FIFA, en général, ils ont des textes standards et après on les modèle un peu en fonction de l’environnement. Sinon en même temps, ce sont des textes fondamentalement identiques partout. De ce côté-là, je n’ai pas d’inquiétude outre mesure.

Quel message aux acteurs du football après cette adoption des textes ?

Je veux que vous alliez dire à tous les acteurs du football qu’il est temps pour un cessez le feu. Je n’ai pas de problème avec cela. Construire est difficile mais détruire est facile. Tout ce qui m’intéresse, c’est qu’on joue au football, à tous les niveaux que ce soit chez les professionnels ou chez les amateurs. Il faut qu’on les laisse jouer au football, qu’on stoppe nos querelles. Le message que je voudrai passer, c’est vraiment qu’il y ait un cessez le feu, s’il vous plaît. Le football ne se joue pas dans les prétoires, ni dans les tribunaux. On a besoin que le football reprenne ses droits, que le football revienne sur les terrains. Que les acteurs, dirigeants du football mettent leurs querelles de côté, leur égo et tout le reste et qu’ils se mettent au service du football. Je me suis mis au service du football et c’est ça qui m’intéresse. Ce sont les footballeurs qui sont perdants de toutes ces querelles qui perdurent depuis au moins 2011. Ceux qui pensent qu’il est bon pour le football que la guerre ne cesse, ils se trompent. Il faut qu’on avance.