Cameroun: Le torchon brûle entre la fédération et la ligue de football

Cameroun: Le torchon brûle entre la fédération et la ligue de football

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La Fédération camerounaise de football a tenu mardi à son siège à Yaoundé, une session de son Comité exécutif (ComEx), et a décidé parmi la flopée de résolutions ayant sanctionné les travaux, de reprendre le contrôle de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC), pour «manquement, dysfonctionnement et défaillance constatée» imputés à l’ex président, Pierre Semengue. Cette décision fait suite à la suspension le 22 août de la LFPC par le bureau du comité exécutif de la Fecafoot.

Dans cette veine, le Comité exécutif a décidé mardi de la mise en place d’un Comité technique transitoire (CTT), «chargé d’assurer l’organisation, la gestion et la restructuration du football professionnel», indique la cinquième résolution de la réunion du ComEx de la Fecafoot. Les membres du comité ont décidé de nommer un des leurs à la tête de cette entité, en la personne d’Aboubakar Alim Konaté, par ailleurs premier vice-président de la Fecafoot. Avec comme membres Joshua Osih et Abbo Mohamadou, tous des vices présidents de la fédération. Le CTT s’est vu confier un mandat de deux ans, jusqu’au 31 août 2021, pour mener ses missions.

Pierre Semengue déplore un «coup d’état»

Ce nouvel épisode du feuilleton entre la Fecafoot et la LFPC n’a pas laissé de marbre Pierre Semengue, qui a donné mardi en fin d’après-midi, une conférence de presse au siège de la LFPC dans la capitale camerounaise. Il se considère comme le seul président «légitime», ce jusqu’au 27 juillet 2020, date marquant la fin du mandat qui l’a porté à la tête de la LFPC par élection en 2016. «Ce qui a été fait à la Fecafoot aujourd’hui (mardi 3 septembre 2019, NDLR) ne me concerne pas. Ça n’a pas d’effet, c’est illégal. Venir détruire ce mandat équivaut à un coup d’état. Je vais défendre mon mandat par tous les moyens. J’ai saisi la Chambre de conciliation et d’arbitrage du CNOSC», a-t-il déclaré à la presse.

En effet, Pierre Semengue avait saisi la Chambre du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC) le mois dernier, d’une requête pour contester la décision de révision des statuts de la LFPC par l’Assemblée générale de la Fecafoot, laquelle selon lui, n’a pas qualité pour procéder à la révision des statuts de la LFPC, qui est elle-même dotée d’une assemblée générale à même de le faire. Pierre Semengue croit dur comme fer à un verdict qui lui sera favorable à la chambre, et surtout à la conservation de son poste de président de la LFPC jusqu’au terme de son mandat. Pour ce faire, il a décliné la proposition de la Fecafoot de le porter à la présidence d’honneur de la Fecafoot.

Péril sur le championnat

Il importe de préciser que la LFPC avait initialement annoncé le démarrage de la saison le 1er septembre dernier, mais il a été gelé par cette crise institutionnelle, qui prolonge le suspense sur la date de reprise du championnat. Les footballeurs en sont les victimes collatérales et sont otages de cette guéguerre larvée, alors même que le Cameroun devra accueillir le Championnat d’Afrique des nations 2020 (CHAN) en 2020. Et que cette compétition est exclusivement dédiée aux joueurs locaux.