CAMEROUN: LA FIFA MET LA FECAFOOT DOS AU  MUR

CAMEROUN: LA FIFA MET LA FECAFOOT DOS AU MUR

Publié le : / Par

Le feuilleton des 24 clubs camerounais insolvables, récemment dénoncés par le Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc), a pris d’autres proportions depuis que la Fédération internationale des footballeurs professionnels (Fifpro) a porté l’affaire à l’attention de la Fédération internationale de football association (Fifa), sur la base d’un protocole d’accord signé entre les deux institutions le 6 novembre 2017. Lasse d’attendre un feed-back satisfaisant de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) après l’avoir saisi par correspondance du 5 février dernier, la Fifpro est montée d’un cran, et a saisi la Fifa qui, à son tour, a interpellé la Fecafoot.

L’instance du football mondial a adressé une correspondance lundi dernier au président de la Fecafoot Seidou Mbombo Njoya, l’enjoignant de «bien vouloir prendre de manière urgente les mesures nécessaires pour faire en sorte que les salaires et primes dus aux joueurs de ces 24 clubs conformément aux obligations contractuelles pertinentes soient payés à brève échéance», renseigne le contenu de cette missive de la Secrétaire générale de la Fifa Fatma Samoura. La Fifa a d’ailleurs prescrit une deadline à la fédération pour lui rendre compte du niveau d’avancement de ce dossier. «Vous voudrez bien à cet égard nous soumettre d’ici au 4 mars 2019 un rapport résumant les mesures que la Fecafoot aura prises dans cette affaire», renchérit Fatma Samoura.

La Lfpc tente de sauver les meubles

La Fecafoot se retrouve ainsi dans une situation inconfortable du fait de sa posture de tutelle du football et unique organe interlocuteur de la Fifa au Cameroun. Le nouveau directoire est de ce fait mis dos au mur et va devoir servir de fusible à la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), qui aurait dû jouer le rôle de gendarme auprès des clubs, pour s’assurer que les clubs s’acquittent de leurs engagements vis-à-vis de leurs joueurs et encadreurs. Mais aussi de s’assurer que les fonds publics alloués au titre de subvention étatique pour le paiement des salaires des joueurs étaient utilisés à bon escient. Il n’en est rien depuis la mise sur pied de la Lfpc en 2011. La Fecafoot elle-même apporte un appui financier à la Lfpc au bénéfice des clubs, mais n’exige pas un compte d’emploi de cet argent.

L’inconfort dans lequel est plongé les clubs camerounais depuis le déclenchement de cette affaire a contraint la Lfpc a procédé mardi à la redistribution d’une partie de la subvention étatique, soit une somme de 84 millions Fcfa. Les équipes de Ligue 1 bénéficieront chacune de 3 millions Fcfa, et celles de Ligue 2 de 2 millions. L’enveloppe représente concrètement «la première partie de la contribution du Gouvernement aux salaires des joueurs et encadreurs techniques des clubs professionnels», indique un communiqué du président de la Lfpc Pierre Semengue. Et pour la première fois depuis l’existence de cette allocation du gouvernement camerounais, la Lfpc exige «un compte d’emploi de cette avance avec des pièces justificatives».

Ce document est attendu des clubs au plus tard le 28 février prochain, et devra conditionner désormais le déblocage de nouveaux fonds. Aussi, la Lfpc appelle les clubs à se préparer à d’éventuels contrôles liés au déblocage des fonds antérieurs, notamment de la saison 2017-2018. Il va sans dire que la démarche du Synafoc constitue un début de solution à la précarité ambiante dans laquelle évoluent les footballeurs camerounais.