Boxe: le CIO adresse un ultimatum à Rakhimov et à l’AIBA

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Le Comité international olympique a adressé mercredi un ultimatum à la Fédération internationale de boxe, menaçant de lui retirer la reconnaissance olympique « si les problèmes de gouvernance ne sont pas résolus ».Sans citer le nom de l’Ouzbek Gafur Rakhimov, unique candidat à la présidence de l’AIBA à la suite du rejet de la candidature de l’ancien boxeur kazakh Serik Konakbayev, le CIO a fait part de ses « préoccupations portant notamment sur les circonstances de l’établissement de la liste électorale ».

« Si les problèmes de gouvernance ne sont pas proprement résolus » lors du prochain congrès de l’AIBA les 2 et 3 novembre à Moscou, « la présence de la boxe au programme olympique et même la reconnaissance de l’AIBA par le CIO en tant que Fédération internationale sont menacées », ajoute le CIO dans un communiqué publié à l’issue de la première journée de réunion de sa commission exécutive.

La place de la boxe aux jeux Olympiques de Tokyo-2020 « est en danger », a ajouté Mark Adams, porte-parole du CIO, devant la presse. « Mais nous attendons le congrès de l’AIBA pour prendre des mesures et nous ferons tout pour que les sportifs puissent participer aux JO », a-t-il ajouté.La commission électorale de l’AIBA a rejeté la candidature du seul autre rival de Gafur Rakhimov, Serik Konakbayev, vice-champion olympique à Moscou en 1980 pour l’URSS, selon un document consulté par l’AFP.

M. Konakbayev, qui devait réunir le soutien de 20 fédérations, entend contester cette décision, selon une source proche de l’AIBA, mais s’il n’obtient pas gain de cause, M. Rakhimov deviendra président de la Fédération internationale sans élection lors du Congrès à Moscou les 2 et 3 novembre. Le code électoral de l’AIBA prévoit en effet que « s’il n’y a qu’un candidat, il n’y a pas de vote et le candidat est déclaré vainqueur ».

Chose inhabituelle, la directrice en charge de l’éthique et de la conformité au CIO, la Française Pâquerette Girard Zappelli, a adressé le 31 août un courrier au controversé homme d’affaires ouzbek, lui intimant de ne pas se présenter à l’élection. « Seuls les candidats bénéficiant d’une situation totalement claire peuvent briguer un mandat de président », écrit-elle dans ce document que l’AFP a pu consulter.

L’AIBA connaît depuis des mois des problèmes de gouvernance qui ont conduit à la démission de son ex-président, le Taïwanais Ching-Kuo Wu, accusé par certains cadres alliés de M. Rakhimov d’avoir mis en danger la santé financière de la Fédération.Mardi, le comité exécutif a prononcé une suspension à vie à l’encontre de M. Wu pour « mauvaise gestion financière ». M. Wu est par ailleurs toujours membre du CIO.

L’ex-directeur général, le Sud-Coréen Ho Kim a également reçu la même sanction. Ces deux décisions doivent encore être validées par le congrès de l’AIBA.  M. Kim avait récemment soutenu la candidature du rival de M. Rakhimov.Mercredi, dans un communiqué, l’AIBA s’est fécilicitée du processus de préparation du congrès, conduit dans ‘un souci de transparence ».