Boxe : Georges Boco évoque les maux qui minent le noble art béninois

Boxe : Georges Boco évoque les maux qui minent le noble art béninois

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Autrefois au sommet de l’Afrique, la boxe béninoise peine désormais à jouer les premiers rôles sur le continent, et dans le monde. Si le Bénin pouvait compter jusqu’à quatre champions d’Afrique par le passé, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Clément Loko est le seul boxeur béninois détenteur d’une ceinture continentale. Ce recul du noble art béninois sur le continent est dû à des maux qui gangrènent cette discipline depuis des lustres.  Georges Boco, ancien champion d’Afrique, a essayé de poser le diagnostic de la boxe au Bénin dans une interview exclusive à nous accordée.

Ancienne légende de la boxe béninoise et africaine, Georges Boco a passé au peigne fin les maux qui rongent le noble art béninois, autrefois convoitée par toutes les nations. Pour le roi du K.O, l’état agonisant dans lequel se trouve la boxe au Bénin s’explique par le désintérêt des autorités pour ce sport.

 » Je suis né dans la boxe. J’ai été champion d’Afrique. On avait plusieurs champions d’Afrique au Bénin. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. On ne donne plus d’importance à la boxe si non nous avons beaucoup de boxeurs à Cotonou et un peu partout au Bénin qui se donnent corps et âme au travail au quotidien. Mais sans suivi, que peuvent-ils faire? La boxe était l’un des sports les plus aimés au Bénin. Mais aujourd’hui, on a reculé. Avant, on avait beaucoup de sponsors. Aujourd’hui, les structures ont peur de sponsoriser la boxe. Ce n’est que le football qui est mis en avant « , regrette amèrement cette figure emblématique du noble art.

Grand passionné de ce sport qu’il a tant pratiqué pendant des années au haut niveau, Georges Boco essaie de mettre son expérience au service des jeunes, pour ressusciter la boxe.  » J’ai installé une salle de boxe pour encadrer les jeunes boxeurs. Je travaille aussi avec des boxeurs professionnels. Loko Clément par exemple s’entraîne chez moi et il s’est amélioré. Il a gagné son combat de 2019 par KO au quatrième round. Même le président de la fédération a reconnu ses progrès. C’est à juste titre qu’il a conservé sa ceinture en Côte d’Ivoire le 29 mai dernier. C’est ma manière à moi  de contribuer au renouveau du noble art au Bénin ».

Toutefois, il dénonce le manque de soutien de la fédération aux boxeurs professionnels.  » La fédération ne s’occupe que des boxeurs amateurs, car la boxe professionnelle n’est pas de leur ressort. Tu n’iras pas vers la fédération avec une demande et elle va te trouver une solution parce que tu es un boxeur professionnel, oubliant que la boxe professionnelle défend aussi le drapeau béninois au même titre que la boxe amateur et fait bien plus. Il faut que la fédération aide aussi la boxe professionnelle. C’est ce qui  ramène des titres au Bénin. La boxe, c’est la boxe et il faudrait qu’elle comprenne. Nous défendons tous les couleurs béninoises « , se désole l’ancienne gloire Georges Boco.

Pour que la boxe béninoise renoue avec son passé glorieux, Georges Boco demande le soutien de toutes les personnes de bonne volonté qui ont à cœur le noble art. Pour rappel, George Boco a été 7 fois champion d’Afrique dans la catégorie des moins de 72 kg. Il a livré 45 combats dont 40 victoires par KO.