Bouna Sarr Bouna SARR of Marseille during the friendly match between Nimes and Marseille on August 9, 2020 in Nimes, France. (Photo by Alexandre Dimou/Icon Sport) - Bouna SARR - Stade des Costières - Nimes (France)

Bouna Sarr décide de jouer pour les Lions de la Téranga : Un choix par défaut ?

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Barré par une forte concurrence en équipe de France, et relégué sur banc de touche au Bayern, Bouna Sarr s’est vu pris en sandwich. Coincé au milieu de deux situations inconfortables, il s’est ravisé à se rabattre sur le Sénégal, un pays dont-il avait rejeté l’offre pour sa carrière internationale, quelques années plus tôt.
L’éternel problème des binationaux qui finissent par se rabattre sur l’Afrique après avoir échoué aux portes des sélections occidentales est une situation qui prend de plus en plus de l’ampleur. De par le passé, plusieurs footballeurs africains ont clamé haut fort leur amour pour un pays occidental avant de se rétracter car ne pouvant plus s’imposer au sein de cette sélection Hexagonale choisie au préalable. Des exemples sont légion, dont le plus marquant ces deux dernières années avant celui de Bouna Sarr est le cas de Munir El Hadaddi.Munir El Hadaddi
Après avoir opté pour l’Espagne dans son jeune âge alors qu’il était une pépite du FC Barcelone, Munir El Hadaddi a fini par battre des pieds et des mains pour rejoindre les Lions de l’Atlas au terme d’un bras de fer avec la FIFA. Devenu moins performant et laissé aux oubliettes par l’Espagne après quelques bouts de match, il s’est souvenu de son origine marocaine. Une loi spécifique avait même été votée en son temps pour lui permettre de porter le maillot du Maroc.
Belmadi, un exemple à suivre
Venu à la tête des Fennecs en août 2018, Djamel Belmadi a adopté une politique que tous les sélectionneurs exerçants en Afrique devraient suivre. A son arrivée, il a refusé systématiquement de « courir » derrière tous les binationaux qui ont choisi jouer pour leur pays de naissance ou d’adoption au détriment de celui d’origine. Tous les sélectionneurs devraient donc s’unir pour décourager cette manière de faire qui n’honore guère le football africain. L’Afrique a besoin de ses joueurs capables de rivaliser avec les meilleurs du monde et non ceux rejetés. L’Afrique a besoin des joueurs de la trempe de Salah, Mané, Mahrez, ou encore Eto’o Drogba ou Yaya Touré que personne n’a supplier pour honorer leur sélection nationale.
Un acte à bannir
Ce genre de comportement devrait être découragé par les dirigeants du football africain. L’Afrique n’est pas un dépotoir de footballeurs de ceux qui ont échoué en sélection d’une nation européenne. Lorsqu’un joueur fait le choix de joueur pour son pays de naissance, ou d’adoption, il devrait en assumer l’entière responsabilité. Un choix s’assume. Ce phénomène perdure parce qu’une importance particulière est accordée à ses joueurs. Lorsqu’il faut aller à un combat avec un déséquilibre, la bataille est perdue d’avance. S’il faut aller à une compétition internationale avec les joueurs délaissés par les sélections européennes, c’est très clair qu’il y a déjà déséquilibre avant le coup d’envoi. Jouer pour la sélection nationale est un choix de cœur et non un choix par défaut.

Le cas Bouna Sarr

Une nouvelle fois, l’Afrique est le choix par défaut de ses fils binationaux. Appelé avant le mondial 2018 pour arborer la tunique du Sénégal, Bouna Sarr avait fait clairement savoir qu’il donnait priorité à la France. 3 ans plus tard, le voilà revenu sur sa décision. N’ayant aucune chance de jouer pour la France, il a finalement accepté la main tendue de Aliou Cissé, le sélectionneur des Lions de la Teranga. Le Sénégal devient par enchantement la sélection nationale « rêvée ».
Titulaire à l’OM avant son départ en Bavière, le natif de Lyon qui a des origines sénégalaise et guinéenne, s’est vu trop tôt, trop beau au point de prétendre (à tort ou à raison) à une place chez les Bleus. Mais c’est sans compter avec les caprices qu’une carrière de football peut réserver à un joueur. Parti au Bayern Munich, il n’a jamais réussi à s’imposer au sein du club champion Allemand, ce qui lui a fait perdre tout espoir de jouer pour l’équipe de France. Afin de ne pas perdre partout, il opte enfin pour le Sénégal, une nation qu’il avait rejetée de par le passé.
Quel accueil pour Bouna Sarr ?
Cette convocation passe très mal dans l’opinion publique sénégalaise qui est divisée sur le fait. La décision du joueur de faire du Sénégal un choix par défaut passe comme une pilule amère auprès des nombreux fans de Sadio Mané et de ses coéquipiers. Dans d’autres circonstances, sa décision serait accueillie comme le message d’un messie. Mais à voir les circonstances dans lesquelles il s’est ravisé, il est clairement mal venu. Il est clair qu’il ne fera pas l’unanimité au sein de l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, les sénégalais ne sont pas allés par mille manières pour le « lyncher » verbalement.