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Bénin : Violences sur violences dans les stades

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Depuis la reprise du championnat national du Bénin, les actes de violence dans les stades sont devenus un fait ordinaire. Un phénomène qui prend de l’ampleur sous le regard médusé des joueurs et des forces de l’ordre.

Des actes de violences répétés

C’est devenu monnaie courante. Au moins un acte de violence est enregistré dans les stades presque à chaque journée de championnat. Si ce ne sont pas des arbitres, ce sont des joueurs qui subissent des agressions physiques de la part de quelques individus supposés « supporters ». Le cas le plus récent remonte à la 9ème journée de la Ligue Pro suite sur le terrain de Za Kpota entre Dynamo d’Abomey et l’US Cavaliers.

Alors qu’ils tenaient le point du nul, Dynamo d’Abomey a fini par marquer à la 90è minute à la suite d’une action  jugée litigieuse par les visiteurs. Et pour ne rien arranger, des supporters du club local s’en sont pris à ceux du club visiteur qui protestaient. Dans la foulée, selon le rapport de la cellule de communication de l’US Cavalier, des individus se sont rués vers le gardien de but Achraf Dine Tandari, ancien de Dynamo, à coups de bâton le laissant avec un visage ensanglanté.

Des pelouses non protégées

Face à la multiplication des cas d’agression sur arbitres, joueurs ou membres de staff technique, se trouve un problème d’organisation. A l’exception de quelques-uns, les stades homologués pour accueillir les matchs du championnat ne sont pas protégés. Du coup, le public se retrouve dans une facilité à envahir le terrain pour s’en prendre aux arbitres ou aux joueurs.

Pourtant, il y a une saison, la pose de grille de protection autour des pelouses était l’un des critères d’homologation des stades décidé par la LFP et la FBF. En l’absence de toute grille de protection, les différents acteurs doivent aussi composer avec le nombre insuffisant de forces de l’ordre déployé sur les terrains. Des hommes en uniforme qui se retrouvent impuissants face à la passion débordante des supporters.

Des sanctions pas autant à la hauteur des actes

Le règlement du déroulement des championnats nationaux du Bénin a prévu des sanctions pour des cas d’agression et de violences dans les stades. Un règlement que tente d’appliquer, tant bien que mal, la Ligue de Football Professionnel. Damissa FC a vu ses matchs délocalisés de Tchaourou à Parakou après que ses supporters aient battu le chargé de matériels de Energie FC à sang.

C’était la sanction identique appliquée à Dadjè FC dont les trois derniers matchs de la Ligue Pro ont été délocalisés de Djakotomey à Za Kpota. Récemment, deux membres du staff de la JSP ont été interdits de présence dans les stades jusqu’à nouvel ordre. Il s’agit d’Ibrahim Amoussa et René Oloukpede interdits d’accès au banc de touche, à la main courante et dans les vestiaires.

En plus de cette suspension, les matchs de la JSP sont délocalisés de Missérété à Porto-Novo. Le dossier même est déféré devant la Commission de Discipline pour en disposer. Ces mesures disciplinaires interviennent pour sanctionner les actes de violence orchestrés lors de la réception de l’ASPAC.

Des sanctions prévues pour les actes de violences

Pour prévenir les cas de débordement et de violences, la Ligue et la FBF ont pris des dispositions à travers le règlement du déroulement de la compétition. Il prévoit en son article 89 que « Toute personne qui fait pression ou profère des menaces où exerce une violence à l’encontre d’un officiel de match, ou l’entrave dans sa liberté d’action, est sanctionnée suivant les dispositions prévues par le code disciplinaire de la FBF ».

Le règlement va encore plus loin en son article 90.1 et 2 en mettant l’accent sur les cas de dommages physiques sur et en dehors des stades. « Tout acte répréhensible envers les officiels de match, officiels et joueurs de l’équipe adverse commis dans et en dehors du stade, est imputable au club hôte qui subira les sanctions prévues par le code disciplinaire de la FBF. Toute agression causant des dommages physiques, est considérée comme un fait aggravant, il est sanctionné comme tel. », précise le règlement.

S’il est vrai que des sanctions sont prises contre les clubs, il faudra sans doute trouver le mécanisme idéal pour désormais épingler les réels auteurs de ces violences qui disparaissent sans être inquiétés.