Issa Hayatou Issa Hayatou - 12.07.2010- Siege de la FIFA -Geneve

Après la Suspension de Issa Hayatou par la Fifa : Sale temps pour les anciens dirigeants de la CAF

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Issa Hayatou l’ancien président de la Confédération africaine de football (1988-2017) a été suspendu mardi pour un an de toutes activités liées au football par la Commission d’Ethique de la FIFA, en plus d’être condamné à payer une amende de 30 000 mille francs suisses, soit environ 18 millions de Francs CFA. Il rejoint dans le clan des bannis son successeur à la tête de l’instance africaine, le malgache Ahmad Ahmad, mis à la touche depuis plusieurs mois par la Commission d’éthique de la FIFA.

C’est un coup dur pour Issa Hayatou. Quatre ans après son départ de la tête de la Confédération africaine de football (CAF), le camerounais vient d’être sanctionné par la FIFA. Une décision rendue le mardi 3 août 2021 par la Commission d’Ethique de l’instance faitière du football mondial lui inflige une suspension d’un an de toutes activités liées au football. Il est également condamné à payer une amende de 30 000 francs suisses, soit 18,3 millions de francs CFA.

Il est sanctionné en raison de son implication dans la signature  d’un contrat intervenue en 2016 entre la Confédération africaine de football et l’entreprise de marketing française Lagardère Sports, au mépris des principes concurrentiels. Il s’agit d’un deal qui garantissait à la société française la gestion des droits télé et marketing des compétitions organisées par la CAF jusqu’en 2028. Une enquête menée par la chambre d’instruction de la Commission d’éthique de la FIFA a établi que le contrat avec Lagardère sports qui collaborait avec la CAF depuis 1993 a été renouvelé sans qu’aucun appel d’offres ne soit formulé au préalable, comme le prévoient les procédures usuelles. Issa Hayatou aurait orchestré un passage en force, en n’impliquant pas plusieurs membres du Comité exécutif de la CAF. Ces derniers étaient plutôt favorables à l’offre de Présentation Sport d’une valeur de 1,2 milliards de dollars et donc plus consistante que le milliard de dollars que proposait Lagardère Sport.

Âgé de 74 ans, Issa Hayatou a été nommé en janvier 2021, président d’honneur de la Confédération africaine de football. L’on ignore pour l’instant si le prince de Garoua fera appel de cette décision qui vient rompre la sérénité qu’il avait retrouvée depuis un certain temps. La Commission d’Ethique de la FIFA punit Issa Hayatou moins d’un an après la sanction prononcée  contre son successeur Ahmad Ahmad en novembre 2020. Coupable de plusieurs manquements  éthiques dont le  détournement de fonds et la distribution de cadeaux, le dirigeant malgache avait été suspendu pour cinq ans de toutes activités liées au football avant d’être condamné à payer une amende de 200 000 Francs suisses. Une suspension réduite à deux ans en mars par le Tribunal arbitral du sport qui a également divisé par quatre l’amende infligée à l’ancien ministre malgache. Une affaire qui avait rendu impossible sa réélection à la tête de l’instance africaine.

Exemplarité

Outre les présidents, d’autres ex hauts dirigeants de la CAF ont été rattrapés par la patrouille de la FIFA, à l’instar de Constant Omari, ex Vice-président de la CAF qui, le 24 juin 2021, écopait  d’une interdiction de 12 mois d’exercer toute activité relative au football aux niveaux national et international, en plus d’une amende de 66 444 euros. Il a été sanctionné pour avoir reçu  de la part de Lagardère Sports, des avantages (pour un total de EUR 64 444) dans le cadre des négociations qu’il menait avec cette entité en lien avec la commercialisation de certains droits de retransmission télévisée attribués à la société LC2 et le recouvrement des impayés. « Ces négociations, conduites par M. Omari pour le compte de la CAF, avaient abouti à la mise en place de dispositions contractuelles extrêmement préjudiciables pour la confédération, qui avait enregistré des pertes financières considérables. L’acceptation des avantages en question avait entraîné un conflit d’intérêts qui avait empêché M. Omari d’accomplir sa mission vis-à-vis de la CAF avec intégrité, indépendance et détermination.» Précisait la Chambre d’instruction de la Commission d’Ethique de la FIFA. Ces sanctions doivent forcément interpeler les dirigeants actuels et futurs de la CAF sur la nécessité de développer au sein de cette institution, une véritable culture d’exemplarité.