Les sélections africaines sont de plus en plus confrontées aux difficultés à obtenir des visas pour leurs athlètes. Les chancelleries occidentales se montrent de plus en plus intransigeantes.

REFUS DE VISAS : LES SÉLECTION AFRICAINES HUMILIÉES

Publié le : / Par

De notre correspondant au Cameroun : WILLIAM Tchango

C’est sans Togui Mel William, Sylvain Gbohouo, Ali Badra Sangaré et Zadi Hortalain Blé que la sélection ivoirienne a débuté son stage en vue d’affronter le Togo (le 24 mars) et la Moldavie (le 27 mars) dans le cadre de la dernière période FIFA. Jusqu’à la veille de la première sortie des Eléphants contre les Eperviers du Togo, les quatre joueurs convoqués par Ibrahim Kamara étaient bloqués à Abidjan faute de visa pour la France. Les autorités du pays de Ouattara ont dû faire des pieds et des mains pour que ces quatre infortunés puissent enfin retrouver leurs coéquipiers.

Cette mésaventure de la sélection ivoirienne rappelle celle vécue il y a exactement un an (le 25 mars 2017) par son homologue burkinabé. En effet, alors que les Etalons étaient attendus au Hive Stadium de Barnet pour disputer une rencontre amicale face au Nigéria, sept de ses joueurs s’étaient vus refuser le visa d’entrée sur le territoire britannique, poussant les organisateurs à annuler le match. Le staff  des Etalons n’avait été notifié de ce refus que quelques jours plus tôt, ce qui ne lui  laissait aucune chance d’envisager une autre solution.

Des cas de refus de visas aux sportifs africains, on peut en citer à la pelle ces dernières années, sans que les autorités du continent nedonnent l’impression de s’en indigner.  Les victimes de cette politique discriminatoire sont pour la plupart des sportifs évoluant sur le continent. Une preuve que les chancelleries occidentales continuent de voir en ses athlètes, de potentiels fuyards.  « Je pense que c’est l’immigration clandestine version sport qui amène les représentations diplomatiques étrangères (occidentales surtout) à refouler ces sportifs qui se présentent à elles. Elles deviennent prudentes et réticentes pour avoir fait l’expérience de fugues de la part de ses joueurs. En effet partis pour des tournois ils ne sont pas toujours revenus chez eux », analyse le journaliste camerounais Pierre Arnaud Ntchapda.

« A mon avis, il faut, ajoute-t-il, une meilleure politique sportive des Etats avec en prime une bonne prise en charge et un suivi des athlètes qui ne leur donne pas toujours l’envie d’aller chercher leur pitance ou renforcer leur capacités ailleurs. D’autre part ils doivent surveiller étroitement  les réseaux clandestins qui entraînent les jeunes sportifs dans des aventures souvent sans lendemain à l’étranger ». Les autorités sportives africaines jusqu’ici ne semblent pas véritablement avoir tiré des leçons de ces humiliations qui se répètent. En leur refusant le visa de façon récurrente, les représentants diplomatiques occidentaux, ne seraient-ils pas en train d’inviter ces sélections à jouer le plus souvent leurs matches amicaux sur le continent berceau de l’humanité ? Il s’agit néanmoins d’une hypothèse à ne pas négliger.