la crise morale !

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Ce qui s’est passé ce vendredi au stade Chahid Hamlaoui de Constantine et au stade Ahmed Zabana d’Oran confirme le mal profond du football algérien. Les scènes de violences inouïes entre supporters de la JS Kabylie et du MC Alger, auxquels se sont mêlés ceux du club local le CS Constantine, pourtant non concernés par le match, et l’envahissement du terrain à Oran, suivi par l’interruption du match à la 78’ par l’arbitre, constituent deux faits graves appelant à des mesures d’urgences pour y remédier. Pis, il y a eu mort d’homme à Constantine. C’est la crise morale, à laquelle on n’arrive pas à trouver les solutions adéquates.

                                                          Abdurazzak.T

Depuis des années, les actions se succèdent de la part des associations sportives et des pouvoirs publics sans résultats concrets, pour la simple raison qu’il n’y a pas de suivi. Des rencontres ont été organisées avec la participation des comités de supporters des clubs, avec la collaboration de la direction générale de la sûreté nationale, sans que ce fléau ne soit éradiqué. On en est toujours au même point. Tout semble indiquer que les conclusions et les recommandations de ces réunions ne sont pas mises en œuvre. Il suffit de se rendre dans un stade pour s’en convaincre. Mais, pour y aller, il faut en avoir l’envie, car celle-ci disparait totalement à la vue des scènes de violences comme celles d’Oran et de Constantine.

Un stade en Algérie n’est plus ce lieu, où on va pour assister à un spectacle, tant les commodités ne sont pas réunies. Outre le fait que vous ne trouvez pas le nécessaire pour vous restaurer ou altérer votre soif, vous n’entendez que des obscénités durant tout le match. Il est loin le temps, où on s’y rendait en famille. L’absence de gestionnaires compétents, capables de rentabiliser ces infrastructures sportives à travers des prestations à même de satisfaire les besoins des spectateurs, et laisser-aller sont les causes de la dégénérescence de la situation. Plus grave, on laisse entrer n’importe qui au stade, notamment des adolescents non accompagnés. Et ce n’est pas la présence de force de l’ordre, qui fait défaut, car un dispositif est mis en place dans chaque stade. C’est l’organisation qu’il faut améliorer en responsabilisant les dirigeants de clubs.

L’introduction du procédé de la présence de stadiers aux alentours du terrain, à la place des policiers, n’a pas donné de résultats non plus, pour la simple raison que ces stades ne sont pas formés pour cette mission. Le stadier, qui est normalement face au public pour anticiper tout fait pouvant survenir, regarde le match dans nos stades et joue même au chercheur de balles. L’incident de Tizi-Ouzou entre le gardien de buts du MC Alger Faouzi Chaouchi et le stadier, installé sur le matériel du saut en hauteur derrière les buts, en est la parfaite illustration. Des solutions radicales, comme celles appliquées par les Britanniques pour venir à bout du « hooliganisme », s’avèrent indispensables, si on veut vraiment que nos stades redeviennent des lieux de spectacles. Toutes les structures concernées doivent se mobiliser et mener des actions concrètes pour éviter des drames plus graves encore. Que tout un chacun assume ses responsabilités à son niveau pour que le football algérien sorte de ce tourbillon, qui l’attire vers le bas.