Infrastructures sportives, hôtelières, routières, environnementales, et de capacités organisationnelles que nécessite le Mondial sportif le plus populaire de la planète. Candidat, le Maroc a-t-il vraiment les épaules pour recevoir le gotha du football mondial en 2026 ? Cette fois sera-t-elle la bonne ? Quel changement le royaume a-t-il réalisé depuis son dernier échec en 2010 ? Analyse…

DOSSIER / MAROC 2026 : LES RAISONS D’Y CROIRE…

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De Abidjan : Moya Dia 

Le continent africain en l’occurrence le Maroc, possède un potentiel de développement important, il ne manque pas de ressources naturelles et humaines, aussi de la volonté et de l’ambition qui lui permettra sans aucun doute de répondre aux défis auxquels il est confronté. Celui de décrocher l’organisation de l’événement sportif le plus regardé au monde, la coupe du monde de football 2026, c’est d’elle qu’il s’agit, la 23e édition. Après les échecs de 1994, 1998, 2006 et 2010. On repart de plus belle. Personne ne nie l’existence d’énormes challenges économiques et sociaux auxquels s’ajoute une concurrence accrue dont la candidature conjointe États-Unis-Canada-Mexique. Malgré un total plébiscite du continent, la tache de Moulay Hafid Elalamy, le président du comité de candidature, ne sera pas une partie de plaisir. Du tout !  Mais au vue de la maitrise haut de gamme de l’organisation du Championnat d’Afrique des Nations (Chan 2018), comment pourrait-on parler d’illusion d’organiser un événement de la taille d’une Coupe du monde de football qui soit au-dessus des capacités du Maroc. Ce Chan-là, tel un examen de passage de grade, a été passé avec succès. Une fierté pour l’Afrique du football. Et dire que seulement trois mois, ont suffi au Maroc pour préparer pour cette compétition. Résultat, aucune approximation dans l’organisation.

Avant cette compétition, il y’a eu en décembre dernier, la parfaite organisation de la Coupe du monde des clubs. Fièrement, toutes les pièces du puzzle sont bien à leur place. La machine est huilée. Le terrain est totalement balisé en attendant le verdict du 13 juin à Moscou. Une date au cours de laquelle 207 fédérations départageront les deux candidatures.  Le Maroc, lui, aura besoin de 104 voix pour être désigné, hôte de la Coupe du Monde 2026. Pour cela, il mise sur l’appui de la Confédération Africaine de football (Caf) dont le soutien contraste avec celui de la Fifa. Le Maroc n’en a cure, il lorgne plutôt ce nouveau système de vote qui risque d’être un facteur favorisant. Et pas que ça, aussi et surtout surfé sur les faiblesses de son adversaire. De ce côté, à regarder de très près, l’on constate qu’il des défaillances dans cette candidature Nord-Américaine. Un certain désamour entre les Etats-Unis d’un côté et le Mexique et le Canada réuni. Une relation détériorée par le caractère bien controversé du président Américain Donald Trump, qui a signé il y’a un an, le retrait des Etats-Unis de l’accord transpacifique entre son pays les Etats Unis, le Mexique et le Canada (renégociation de l’Aléna).

Au moment du vote en juin, ce volet risque de peser lourd dans la balance. La proximité entre ses trois pays, ne vient pas faciliter non plus les choses pour les amoureux du ballon qui auront fort à faire en termes de déplacement. Contrairement aux villes du royaume qui sont plutôt proches, les unes des autres. Une situation qui pourrait jouer en sa faveur. C’est évident que l’offensive diplomatique du Maroc et sa visibilité sur la scène continentale seront un atout considérable. Le Maroc a beaucoup plus de chance cette année. Le pays est capable d’accueillir une compétition de cette envergure. Au niveau des infrastructures, 70% des critères d’évaluation. (Stades, Hébergement, Transports et déplacements (dont aéroports) …) il s’est mis à disposition, les moyens pour la réalisation de ses objectifs ses dernières années.

 

Nous ne nous érigeons pas dans une posture d’afro pessimistes…carrément loin de là. Si les adversaires du Maroc, eux, peuvent se targuer d’avoir des infrastructures sportives de haut standing, conformes aux normes internationales, au royaume, il y’a encore du chemin à parcourir.  Les 14 stades recommandés par la Fifa, relève de l’imagination. Enfin pour l’instant. On note à ce jour, seulement 6 stades dans le dossier marocain.  A savoir, le complexe Mohammed V de Casablanca (46.000 places), le Stade Adrar à Agadir (45.480 places), le Grand Stade de Marrakech (45250 places), le Stade Ibn Batouta de Tanger (45.000 places), le Complexe sportif de Fès (45.000) et le Complexe Moulay Abdellah de Rabat (52.000 places). Même si en plus de ces 6 stades, plusieurs autres joyaux sont en cours d’exécution ou de rénovations notamment le Grand Stade de Tétouan (40410), d’El Hoceima (30.000) et celui d’Oujda (45.000). Il n’en demeure pas moins que l’adversaire d’en face a une longueur d’avance sur ce sujet. Des détails qui pourraient nuire au décompte final. Semblables à des erreurs, ses détails dû au laxisme propre au continent, pouvait pourtant être évité, si les projets de construction de stades n’avaient pas été une simple théorie sur papiers pour finalement être oublié au tiroir une fois les précédents votes (1994, 1998, 2006 et 2010) terminés.

 

 

La FIFA, elle, ne badine pas sur ses paramètres. Pour elle, il faut au moins 12 stades pour organiser les matches, et deux supplémentaires en réserve. Précisant au passage que l’enceinte qui va accueillir le match d’ouverture et la finale doit pouvoir contenir 80 000 spectateurs, et 60 000 pour les demi-finales. Evoquer donc la notion de retards dans la réalisation de ses méga travaux, ne provient nullement d’une attitude fataliste de notre part. Surtout que l’une des reformes de l’actuel président de la FIFA, Gianni Infantino, est de passer de 32 équipes actuellement à 48 lors de la Coupe du monde 2026. Dans la foulée de ce questionnement, celui de la mobilisation des spectateurs dans les gradins demeure très crucial aux yeux de l’instance mondiale du ballon rond. Si tous, nous avons été unanimes sur l’organisation du dernier Mondial des clubs et le Chan 2018 qui ont été un top, néanmoins celui de l’engouement des supporters aura été un flop. Hormis les matchs des Lions de l’Atlas où les gradins sont bondés de monde. Les autres sélections, jouent devant des tribunes quasi vides. On veut du spectacle et je pense que le public participe à cette fête du ballon rond. Personne n’aime voir des matchs qui se jouent devant des gradins vides. Si le Maroc veut vraiment l’organisation du Mondial 2026, il faudra remporter le pari de la mobilisation car à ce niveau, faire des bénéfices pour la Fifa est une obligation. D’ailleurs cet aspect commercial occupe 30% du critère d’évaluation, (Recettes vente de billets et de formules hospitalité, Coût de la compétition, Revenus vente des droits médias et marketing). Pas question d’entendre parler d’un manque à gagner pour la FIFA à ce niveau. 

Depuis sa création en 1930, le continent africain n’a organisé qu’une seule fois la Coupe du monde (2010). Il est temps qu’elle puisse avoir « son deuxième mondial ». Même si à priori, il y’a un déséquilibre entre le Maroc et ses adversaire, l’image de stabilité, de tolérance et d’ouverture du royaume sur la scène diplomatique continentale et internationale pourrait le faire triompher. 

 

Article publié sur le site le 16 Avril 2018