Acteur majeur du développement du tennis au Cameroun, Joseph Augustine Oyebog milite pour la formation des jeunes camerounais de toutes les classes sociales. A travers son centre social de formation, Oyebog tennis academy (OTA), cet ancien joueur, devenu entraîneur de tennis, offre des formations-études aux jeunes passionnés de cette discipline sportive au Cameroun et en Afrique. Au terme d’une carrière riche au tant sur le plan national qu’international, sanctionnée par plusieurs titres, ce diplômé de Nick Bolliteri Tennis Academy se consacre désormais bénévolement, à l’encadrement des futures vedettes dans le but d’offrir au Cameroun et à l’Afrique, leur Serena Williams ou Rafael Nadal

Cameroun /Tennis Joseph Augustine Oyebog : « Il y a du potentiel au Cameroun »

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Entretien réalisé par Marie Louise MAMGUE

AFU : D’abord joueur et aujourd’hui encadreur et promoteur d’un centre de formation, vous êtes un acteur majeur du tennis Camerounais. Quel regard portez-vous sur cette discipline sportive au Cameroun ?

JOSEPH AUGUSTINE OYEBOG : Je pense que nous avons du  potentiel au Cameroun. Maintenant il  faut convaincre l’Etat et  la société camerounaise à accompagner ces jeunes pour qu’ils puissent montrer aux yeux du monde leur performance en tennis. J’ai toujours soutenu le fait que le tennis camerounais dispose de nombreux talents chez les  plus jeunes, mais à cause du manque d’encadrement permanent et efficace, éventuellement, ils ne parviennent pas  au sommet de leur potentiel physique qui leur permettra de se distinguer lors des compétitions. 

 AFU : Qu’est-ce qui, à votre avis, crée des obstacles dans  le développement de cette discipline sportive au Cameroun ?

JOSEPH AUGUSTINE OYEBOG :Je dirai les moyens tout simplement. Je pense très bien que des joueurs qui évoluent  dans les circuits professionnels, ATP ou WTA, sont des joueurs qui ont commencé le tennis au bas âge, de 3 à 21 ans avec 15 à 25 mille heures d’entraînements. Nous ne le pratiquons pas ou ne nous entraînons pas assez parce qu’on n’a pas assez de moyen pour développer les  infrastructures qui nous permettront d’avoir accès aux formations.  Aussi, au niveau du développement des joueurs, il est recommandé de participer à 20-25 tournois par an.  Il faut avoir autant de tournoi, mais   il n’y a pas suffisamment de sponsors, pour organiser ou accompagner des jeunes au tournoi. Je crois que les efforts de l’OTA seuls ne sont pas suffisants  en terme de tournoi et de moyen pour développer le tennis.  Nous avons pourtant un avantage sur le  plan physique, beaucoup de chose s au Cameroun se font  manuellement.  Nous avons des enfants qui vont puiser de l’eau à un âge très bas. Ils ont un physique avancé relativement par rapport aux enfants d’Europe et d’Amérique. C’est un atout qui malheureusement n’est pas capitalisé. Je me souviens qu’un ancien numéro un du monde, Ivan Lendl,  avait dit que quand les africains vont commencer à s’intéresser au tennis et que les moyens vont suivre, ils vont prendre le dessus. 

AFU : Votre rêve aujourd’hui c’est de permettre aux jeunes d’émerger dans  cette discipline sportive en Afrique. Qu’est-ce qui vous passionne autant en tennis malgré tous les problèmes qui s’y greffent ?

JOSEPH AUGUSTINE OYEBOG :Je ne sais  quoi dire. Dès mon enfance je me suis familiarisé avec le tennis parce qu’il y avait un court  de tennis qui n’était pas loin de notre maison. Je suis tombé amoureux de cette discipline sportive depuis l’âge de 6  ans et depuis cet âge jusqu’aujourd’hui ou j’ai 46 ans, je suis sur le court chaque jour que ce soit au Cameroun ou aux Etats-Unis. Parfois je me dis que c’est peut-être un don ou une mission de Dieu, pour que je puisse partager cet amour avec les jeunes frères. J’ai eu une bonne carrière et je remercie Dieu pour cette opportunité. Et je transmets avec beaucoup d’amour à mes frères ce que Dieu m’a donné. 

AFU : Cette passion  vous a motivé à  créer  un centre pour l’apprentissage des jeunes africains d’une manière générale, est-ce qu’il porte les fruits escomptés ?

JOSEPH AUGUSTINE OYEBOG :Le centre n’est pas fait pour décoller à la perfection. C’est le premier centre de sport-étude au Cameroun. Nous sommes en train de faire des efforts, pour aller vers la perfection. Je fais des études en copiant  les meilleurs centres du monde que je visite. Nous avons un programme sport-étude qui fonctionne, les enfants dominent dans les études et le sport. Toutes les catégories de poussin jusqu’à la catégorie sénior évoluent chez nous. Au niveau de l’équipe nationale  quatre à six joueurs des huit  sortent de l’OTA. Nous avons fait nos preuves, nous fournissons au Cameroun les meilleurs joueurs qui reviennent des compétitions avec des trophées. C’est impressionnant pour un pays comme le nôtre.  

AFU : Après 20  ans d’existence, quel est le bilan que vous faîtes de ce parcours ?

JOSEPH AUGUSTINE OYEBOG :20 années plus tard, nous pouvons apprécier positivement notre parcours. Nous avons formé avec preuve plus de 10 mille enfants, crée 25  centres  d’initiation à travers les dix régions et dans 17 villes au Cameroun. La plus part des  joueurs dans les différentes catégories de l’équipe nationale vient de l’OTA. Au plan social, le centre est ouvert à tous les jeunes, qui ont besoin d’un espace. Le tennis est un sport très couteux, et nous l’avons rendu  accessible à toutes les couches sociales. Au plan international, nous avons près de 25 jeunes camerounais qui ont participé aux jeux universitaires aux Etats-Unis et  qui sont rentrés avec des titres.  C’est un projet que nous voulons perpétuer.  Nous avons l’un des plus grands centres en Afrique en construction où  les joueurs viennent de  l’étranger  pour entrainer ou accompagner les jeunes.  Donc, nous sommes sur la bonne voie. Le tennis est un sport qui nécessite beaucoup de moyen, et nous sommes en train  de Briser cet obstacle. J’ai des partenaires aux Etats-Unis qui accompagnent le projet, et aujourd’hui au Cameroun nous avons Tradex qui nous soutient. Mais j’attire l’attention des Camerounais, c’est un projet qui bénéficie à 100% aux Camerounais, et c’est important de voir des Camerounais  soutenir  ces jeunes. 

AFU : Quelle est la nature de votre relation avec la Fédération camerounaise de tennis ?

JOSEPH AUGUSTINE OYEBOG :Nous sommes une association agréée par la Fédération. Je pense que le devoir  du  développement de tennis, en dehors de ma passion, reste la responsabilité de la fédération. Donc,  je dois m’affilier et faire ce que je juge nécessaire pour le tennis camerounais. Mais si la fédération me confie des tâches, je n’hésiterai pas. La fédération a des difficultés. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils n’ont pas soutenu le tennis comme il le faut. Mais le problème du tennis camerounais est réel.  Il y a des compétitions  internationales où c’est les parents qui  font voyager les enfants, ce n’est pas normal avec l’existence d’une fédération. Nous sommes dans une situation où il n’y a pas un centre d’entrainement officiellement supporté par la fédération. Il y a beaucoup d’anomalies  alors que nous sommes dans un environnement où il y a beaucoup de défis à relever. Les passionnés et les acteurs du tennis doivent faire attention au choix du président pendant les élections.