Alors que le délai de livraison des infrastructures devant servir à l’organisation de la prochaine CAN avance à grands pas, il reste difficile d’avoir une idée exacte de l’état d’avancement des travaux dans les stades en construction. La presse étant indésirable dans les chantiers.

CAMEROUN / CAN 2019 PROMENADE DANS LES CHANTIERS INTERDITS !

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 De Yaoundé : William Tchango

 

Lors de la visite effectuée à Douala le mardi 13 mars 2018 par le Premier Ministre Chef du Gouvernement du Cameroun, Philémon Yang dans les chantiers de construction des stades devant abriter les rencontres de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de football, Cameroun 2019,  la presse a été sommée de se tenir totalement à l’écart. Plusieurs journalistes et rédactions basés dans la capitale économiqueont été surpris de recevoir la veille au soir, un sms leur demandant de s’abstenir de suivre le patron du Gouvernement lors de cette
tournée dite de routine. 

 Comme souvent, seule la Cameroon radiotélévision (CRTV), la télévision nationale et le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune ont eu le privilège d’accompagner l’ancien haut-commissaire du Cameroun au Canada dans les chantiers. Cette descente aura néanmoins permis d’avoir plusieurs nouveaux clichés du stade de 50 000 places en construction à Japoma, à la sortie Est de la capitale économique, qui inondent les réseaux sociaux depuis quelques jours. Par rapport aux précédentes images ventilées lors du passage de la mission d’inspection de la Confédérationafricaine de football (CAF) du 11 au 23 janvier 2018, il semble qu’il y ait bien eu une avancée significative dans ce chantier où les ouvriers travaillent de jour comme de nuit. L’on voit entre autres une partie des gradins déjà suffisamment élevée et quelques sièges déjà fixés. 

 Quid des autres parties de cette infrastructure qui devrait abriter plusieurs matches importants de la plus grande compétition de football en Afrique ? Beaucoup restent convaincus que les images balancées sur la toile sont savamment choisies par les responsables de l’entreprise turque Yenigün, en charge de ce chantier qui annoncent sans rassurer tout le monde que le taux d’avancement des travaux a désormais atteint les 70%. « Si les travaux étaient vraiment avancés à 70%, je ne vois pas pourquoi on aurait interdit à la presse de suivre le Premier Ministre lors de sa visite. Nous saurons tôt ou tard s’ils disent la vérité », doute Georges K un journaliste camerounais. 

 Au stade de la Réunification de Bépanda, la firme canadienne, Magil qui s’occupe de la réhabilitation de cette cuvette vielle de plus de 47 ans semble s’être finalement réveillée. Après la polémique suscitée par la vente
au marché noir de son ancien gazon synthétique, il a fallu très vite rectifier le tir. Les dernières images du vieil ouvrage construit sous Ahmadou Ahidjo au début des années 70 montrent une pelouse complètement terrassée sur laquelle reposent plusieurs engins et
autres véhicules de chantier. Selon des sources proches de la direction de ce stade, même les bureaux auraient déjà été évacués et cassés.

L’on attend de savoir quel sort sera réservé aux gradins totalement vétustes. Pas la peine de s’impatienter, de nouvelles images apparaitront certainement quand le voudront les responsables de ces chantiers interdits. Si les photos balancées çà et là permettent tout
au moins d’avoir un aperçu, même biaisé de l’état d’avancement des chantiers de Japoma et du Stade de la Réunification, rien ne filtre en revanche sur la situation au stade Mbappe Leppe et au petit terrain de Bonamoussadi, retenus comme terrains d’entrainement pour la poule de Douala. Les engins qui y avaient été déployés à la veille de la première visite d’inspection de la CAF sont repartis juste après le retour de leurs hôtes. Ces deux sites, comme le stade Annexe désormais entouré d’une barrière, restent fermés sans donner l’impression que des travaux s’y déroulent.


Silence, on travaille

Le complexe sportif d’Olembe comprenant un stade de 60 000 places reste la seule infrastructure qui focalise l’attention à Yaoundé. La capitale s’étant à la faveur de la dernière Coupe d’Afrique de football féminin organisée par le Cameroun fin 2016, dotée de plusieurs stades d’entrainements (Stades annexes 1 et 2 et stade militaire), en plus de la réhabilitation du Stade Ahmadou Ahidjo.

L’entreprise italienne Gruppo Piccini qui y assure les travaux a récemment permis à la presse de toucher du doigt le niveau d’avancement des travaux. S’il reste beaucoup à faire avant la
livraison du stade de football qui portera le nom de l’actuel Chef de l’Etat du Cameroun, Paul Biya, l’on note que l’arrivée progressive des conteneurs chargés de matériaux préfabriqués permet de donner un coup d’accélérateur aux travaux. A Garoua, le chantier de réhabilitation du Stade Roumde Adjia a débuté avec beaucoup de retard. Avec l’arrivée la semaine dernière du nouveau gazon qui revêtira bientôt l’aire de jeu, il est possible que Mota-Engil Africa, le maitre d’œuvre accélère les travaux, y compris dans les stades d’entrainements. L’attention est également focalisée sur Bafoussam où les travaux engagés dans les stades d’entrainements de Tocket (stade omnisports abandonné) et Bamendzi ont débuté il y a à peu près deux semaines à un rythme peu soutenu. 

 A cela s’ajoute le stade Annexe au nouveau stade Omnisports de Kouekong dont les travaux sont encore seulement à la phase des terrassements. Les stades de la région du Sud-ouest qui ont servi pour la CAN féminine ne posent aucune inquiétude. La couverture de la
façade principale du Stade Omnisports de Limbe est presque terminée pendant que les stades d’entrainements de Middle field, Centenary Stadium et le stade Omnisports de Buea dépannent fièrement les équipes de Douala engagées en Mtn Elite One. Le Cameroun s’est engagé à livrer toutes les infrastructures de la CAN au mois de décembre 2018. Une
prochaine visite des inspecteurs de la CAF en vue d’évaluer le niveau d’évolution des travaux et jugé si le Cameroun pourra tenir le pari de l’organisation de cette CAN est annoncée du 19 au 24 mars au Cameroun.