Afrique : Les sportifs ; l’autre filon à exploiter

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Outre ses ressources naturelles, exploitées à outrance par les Occidentaux, l’Afrique est également victime d’une exploitation sauvage de ses sportifs par de nombreux pays mieux nantis financièrement. Il n’y presque pas un seul pays africain à n’avoir pas vu un ou plusieurs de ses sportifs, toutes disciplines confondues, concourir dans les compétitions internationales sous les couleurs d’une autre Nation.

                                                                                                                           Abdurazzak.T

Des noms, on peut en citer à profusion du football à l’athlétisme en passant par le judo, le tennis, ou le basket-ball. Yannick Noah (Cameroun, tennis), Zinedine Zidane (Algérie, football), Paul Pogba (Guinée Conakry, football), Mario Balotelli (Ghana, football), Mo Farah (Somalie, athlétisme), sont certes les plus connus, mais ils sont des milliers à emprunter cette voie, si lucrative. On a su exploiter leur faiblesse, en leur faisant miroiter la gloire.

Le dernier aveu vient du footballeur international français Karim Benzema, qui a admis que son choix de la France était sportif et que l’Algérie était son pays. Il est clair que c’est l’appât du gain, qui est derrière cet exode de sportifs africains, dont la première destination était la France, notamment pour l’Afrique francophone. Les différentes sélections françaises, dans de nombreuses disciplines, dont notamment le football, l’athlétisme et le judo, regorgent d’athlètes africains.

Un filon exploité à outrance par les entraîneurs français, avides de bons résultats, qui leur permettent d’abord de soigner leurs curriculums-vitaes de gagner beaucoup d’argent et d’hisser haut les couleurs de l’hexagone dans les manifestations sportives internationales. Si cela se limitait à l’Europe seulement il y a quelques années, d’autres pays, notamment du Moyen-Orient, se sont engouffrés dans cette brèche pour s’assurer les services des sportifs africains, moyennant des revenus substantiels.

Après la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et autre Espagne, les petites monarchies du Golfe, à l’instar du Qatar et du Bahreïn surtout, ainsi que la Turquie, se sont mises de la partie pour avoir leurs parts. Ils n’hésitent pas à exploiter la misère de ces « pépites » sportives pour les attirer dans leurs filets dans le seul objectif de figurer dans le palmarès des compétitions internationales. Sans le moindre remords, ils exploitent toutes les opportunités pour faire monter les enchères afin que ces sportifs africains endossent leurs couleurs.

Difficile de résister aux chants de sirènes, quand on est démunis. Maintenant, il existe des moyens plus modernes d’exploitation, à l’image des académies de football, qui fleurissent dans plusieurs pays du continent. Dès que l’on tient l’oiseau rare, on n’hésite point à miroiter la gloire qui ne s’obtient que sous d’autres couleurs. Rares sont les pays du continent à avoir réussi à protéger leurs sportifs, à l’exemple de l’Afrique du sud, tout aussi rares que les athlètes ayant résisté aux chants des sirènes.

Il appartient aux dirigeants africains, à tous les niveaux de responsabilité de fournir l’effort nécessaire pour que le continent ne continue pas à perdre ses enfants au profit des autres.

 

                                                                                                                                                                               A.T.