Allemagne

Allemagne : La confirmation d’un déclin

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L’Allemagne est éliminée de l’Euro 2020 dès les huitièmes de finale. Une défaite 2-0 face à l’Angleterre qui a une fois encore affiché les lacunes d’une Mannschaft en pleine reconstruction. Mais au-delà de l’élimination, cet Euro révèle le déclin d’une sélection qui a commencé il y a trois ans en arrière.

2016 : La flamme de l’espoir entretenue 

Champions du monde 2014, les allemands abordent l’Euro 2016 dans la peau du favori incontesté avec dans le viseur le doublé Coupe du Monde – Euro. Logée dans un groupe C largement à sa portée, l’Allemagne, sans briller, s’offre l’Ukraine (2-0) et l’Irlande du Nord (1-0) avant un nul 0-0 face à la Pologne. S’ils se sont facilement défaits de la Slovaquie (3-0) en huitième de finale, ce fut plutôt compliqué face à l’Italie en quart de finale. Une victoire finale aux tirs au but.

Finalement, la Mannschaft, alors emmenée par Bastian Schweinsteiger, n’a pu aller loin que les demi-finales. Une défaite 2-0 face à la France, pays hôte de la compétition. Ce sera la dernière fois où l’Allemagne atteint le dernier carré d’une Coupe du Monde ou de l’Euro. La fin d’une régularité de 10 bonnes années.

2018 : l’année d’un fiasco inédit

L’Allemagne reste sur un terrible fiasco à la Coupe du Monde 2018. Pourtant, c’est avec un statut de champions du monde en titre que les hommes de Joachim  Löw  ont entamé la compétition. Mais pour la première fois depuis 1938, ils ne passent pas le premier tour. Toni Kroos et ses partenaires ont démarré ce rendez-vous russe avec une défaite inaugurale 1-0 face au Mexique. Ils se donnent ensuite une lueur d’espoir en s’imposant face à la Suède sur le fil (2-1).

Malheureusement, les champions du monde en titre se retrouvent dans l’incapacité de battre la Corée du Sud. Pire, ils s’inclinent même 2-0, une première face à une équipe asiatique en Coupe du Monde et qui a créé un coup de tonnerre. Les champions du monde 2014 sortent prématurément de la compétition avec une lamentable 4è place de leur groupe.

2019 : le chantier de la reconstruction entamé

Malgré des échecs successifs à la Coupe du Monde 2018 et l’Euro 2016, Joachim  Löw  est maintenu à la tête de la sélection allemande. Il a la responsabilité de rebâtir une équipe dont les cadres ont commencé par prendre de l’âge. Manuel Neuer récupère le brassard de capitaine après la retraite de Schweinsteiger. Le technicien allemand tente alors de lancer une nouvelle ère sans les cadres comme Thomas Müller, Mats Hummels ou encore Jérôme Boateng.

Löw a transmis les clés à des joueurs plus jeunes comme Niklas Süle (23 ans), Julian Brandt (22 ans) ou encore Lukas Klostermann (22 ans). Ils sont appuyés par d’autres plus expérimentés comme Toni Kroos, Leon Goretzka, Leroy Sané et Marco Reus. Leur premier match amical de la nouvelle ère face à la Serbie (1-1), a montré que tout ne pouvait être changé en un seul match d’un seul coup.

Qualifications Euro 2020 : une renaissance apparente 

La qualification pour l’Euro 2020 a été une simple formalité pour l’Allemagne qui a enregistré 7 victoires en 8 journées, avec une défaite surprise face au Pays-Bas à Hambourg (2-4). Une première place du Groupe C acquise largement donc, face aux Oranjes, l’Irlande du Nord, la Biélorussie ou encore l’Estonie. Sans avoir montré une solidité défensive rassurante ou une attaque de feu, l’Allemagne a été efficace durant cette phase de qualification.

Pendant ce temps en Ligue des Nations courant 2020, les champions du monde ont clairement montré de grosses faiblesses. Ils n’ont remporté que deux matchs sur 6, avec trois matchs nuls et une lourde défaite face à l’Espagne qui restera dans les mémoires (6-0 le 17 novembre 2020).

Euro 2020 : Le déclin entériné 

Après une phase éliminatoire tranquille et rassurante, l’Allemagne semble un peu renaître de ses cendres. Serge Gnabry et ses coéquipiers se retrouvent dans un groupe F qualifié de la mort avec le Portugal (champion d’Europe en titre), la France (championne du monde en titre) et la Hongrie. Après une défaite inaugurale 1-0 face à la France, la Mannschaft se reprend de la plus belle des manières en étrillant le Portugal 4-2.

Dans la douleur, les Allemands vont passer la phase de groupes en évitant de peu la catastrophe face à la Hongrie (2-2). Malheureusement, le parcours à cet Euro 2020 sera écourté à l’étape des huitièmes de finale. Une défaite 2-0 face à l’Angleterre qui a mis à nu les maux dont souffre une équipe allemande désormais sans armes.

Une défense fébrile et une attaque qui ne fait pas peur

Pour sa dernière sortie avec l’équipe nationale, Joachim  Löw n’a jamais su trouver l’équilibre parfait pour son groupe. Le 3-4-3 adopté a révélé au grand jour les faiblesses d’une Mannschaft qui continue de se chercher. En effet, Mats Hummels, appelé à être le leader de la défense peine à afficher une meilleure forme avec ses 32 ans. La jeunesse d’Antonio Rüdiger (28 ans) et Matthias Ginter (27 ans) n’a jamais réellement su l’aider.

En somme, l’Allemagne a concédé 7 buts en 4 matchs. C’est une moyenne de 1,75 buts encaissé par match. Si le milieu de terrain, porté par Toni Kroos et Leon Goretzka, n’a jamais été aussi conquérant, l’attaque en était encore moins. L’attaque allemande a inscrit 6 buts dont deux contre son camp obtenus face au Portugal lors de la victoire 4-2.

Et à la fin, ce n’est plus l’Allemagne qui gagne

Pendant longtemps, le football allemand a su imposer sa domination à la planète du foot. De quoi faire arracher à Gary Lineker cette déclaration célèbre. « Le football est un jeu simple ; 22 hommes courent après un ballon durant 90 minutes, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne », avait lâché l’Anglais le 4 juillet 1990. C’était à l’issue du match de demi-finale de Coupe du monde, opposant l’Angleterre à l’Allemagne de l’Ouest.

31 ans plus tard, la tendance s’est inversée. Et comme par coïncidence, c’est l’Angleterre qui vient mettre fin au rêve allemand. En plein doute depuis la Coupe du Monde 2018, l’Allemagne n’est plus forcément l’équipe qui gagne. Comme quoi, désormais « le football se joue à 11 contre 11, mais à la fin ce n’est plus l’Allemagne qui gagne ».