Algérie : Conflit MJS-Zetchi, que risque la sélection nationale algérienne ?

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Déjà qualifiée pour la prochaine CAN, l’Algérie joue la Zambie ce jeudi dans le cadre de la 5è journée des éliminatoires de la CAN 2021. Champions en titre, les Fennecs pourraient pourtant ne pas avoir la possibilité de défendre leur titre l’an prochain, et ce malgré une qualification déjà acquise sur l’aire de jeu. La faute pourrait être à un conflit interne entre le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et Zetchi Kheireddine, qui risque de leur exploser en plein visage. Ce conflit pourrait coûter des sanctions sévères à la sélection nationale algérienne de la part de la CAF ou pire encore de la FIFA si rien n’est fait.

En Algérie depuis plusieurs mois, il y a un conflit entre le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et la Fédération Algérienne de Football (FAF), et ceci remonte en 2019. Selon les propos rapportés en son temps, à la veille de la finale de la CAN 2019 qui a opposé l’Algérie au Sénégal, Abdelkader Bensalah, alors président de l’Etat algérien, a décidé de rendre visite aux joueurs avant le jour de la finale. Une fois présent, il a dû attendre au moins une heure de temps avant de rencontrer ses protégés. D’après les informations qui ont filtré dans la période, Zetchi n’aurait pas voulu outrepasser les exigences de Djamel Belmadi qui a décidé que ses joueurs devraient avoir un repos convenable avant la dernière bataille de cette messe continentale. Lorsqu’on connaît le caractère fort du patron du staff technique des Fennecs, cette décision n’est pas étonnante. Cet incident n’a jamais été digéré par le pouvoir d’alors en Algérie. C’est le premier pan de l’histoire.

En Algérie, certains évoquent même le rapprochement de Zetchi avec le pouvoir défunt dirigé par Bouteflika. Son attachement serait aussi la base de ses malheurs de maintenant. C’est la partie officieuse de l’histoire. Et si on revient sur l’aspect sportif, la conséquence directe est la non décoration de Kheireddine Zetchi après le sacre des Fennecs. Il est le seul de la délégation qui soit resté sans distinction. Dès lors, la guéguerre a continué et s’est poursuivie jusqu’à la fin du mandat de ce dernier le 20 mars 2021.

L’une des conséquences directes est en lien avec l’Assemblée générale élective de la FAF qui est en souffrance. En effet, la FIFA a adressé une correspondance à la FAF lui demandant de réviser ses statuts avant toute élection à la tête de l’instance algérienne de football. Une exigence que partage Kheireddine Zetchi mais qui n’est pas du goût du MJS et de son premier responsable Sid-Ali Khaldi. Alors que son mandat est arrivé à terme depuis le 20 mars, Zetchi avait fixé une date pour la l’AG, toutefois, le Ministère de la Jeunesse et des Sports n’est pas en accord avec cette décision. Le MJS a établi un autre calendrier auquel devrait se conformer le bureau de Zetchi. Mais pour l’heure, rien n’y fit. La date butoir de ce calendrier est fixée au 15 avril. Cette situation pourrait avoir une répercussion sportive sur l’Algérie les prochains jours.

Qu’il nous souvienne qu’il y a de cela quelques jours, la Confédération Africaine de Football (CAF) a pris une sanction contre le Tchad en disqualifiant le pays des qualificatifs pour la CAN Cameroun 2021. Le Tchad se retrouvait dans une situation vraisemblable à celle de l’Algérie. Déjà qualifiés, les Fennecs peuvent subir le même sort et se voir interdire de défendre leur titre au Cameroun. Aussi, les qualificatifs de la Coupe du Monde 2022 sont proches. Si l’Algérie ne régularise pas sa situation, elle peut se voir aussi disqualifiée dans la course pour le Qatar. Une situation qui pourrait affecter cette équipe qui fait sans doute partie des meilleures d’Afrique.

Aux dernières nouvelles, dans la soirée de ce jeudi, la FAF a tenu une réunion par visioconférence. A l’issue de cette réunion statutaire mensuelle, elle a fixé la date de l’AGO au 5 avril 2021 et celle de l’AG élective au 15 avril de cette même année 2021.