Algérie : Belmadi identifie « 6-7 personnes qui défendent des projets personnels et qui foutent la zizanie » dans le foot algérien

Le sélectionneur algérien, Djamel Belmadi, a donné une longue interview à la télévision de la Fédération algérienne de football (FAF TV) ce dimanche 24 avril 2022. Lors de cette entrevue, l’ancien milieu de terrain des Fennecs a abordé de long en large la situation de l’équipe nationale, son moral depuis l’élimination amère des Verts par le Cameroun du voyage pour le Qatar. Son statut à la tête de l’équipe nationale a été aussi débattu lors de cet entretien.

Avatar de Patrick Tchanhoun Par 02/05/2022 - 17:40
Algérie : Belmadi identifie « 6-7 personnes qui défendent des projets personnels et qui foutent la zizanie » dans le foot algérien

Pour commencer, Belmadi est revenu sur la date du 29 mars, une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire des Algériens amoureux du football. Cette date où le Cameroun a éliminé l’Algérie sur ses propres installations au Stade Mustapha Tchaker de Blida. « Cette date restera à jamais marquée dans nos têtes, que ce soit les acteurs principaux (joueurs, staff technique), mais aussi évidemment pour ceux qui suivent l’Équipe Nationale, de par l’importance de ce match-là, décisif pour la qualification à la Coupe du Monde 2022, mais également pour son scénario dramatique, où l’on est passé par tous les sentiments. Quand je parle de scénario dramatique, je ne parle pas que des dernières secondes mais bien des 126 minutes qui ont jalonné cette rencontre. Ça ne disparaîtra pas aussi facilement chez moi », se rappelle amèrement l’ancien milieu de l’Olympique de Marseille.

Partira, partira pas, Belmadi a tranché sur son avenir à la tête des Verts

Contrairement aux rumeurs, Djamel Belmadi reste sélectionneur national des Fennecs d’Algérie. Selon l’ancien milieu de terrain des Fennecs, il reste le sélectionneur des Verts jusqu’à nouvel ordre. « Je suis plus que réceptif à cet engouement, à cette envie du peuple de nous voir continuer et c’est impossible de leur tourner le dos. Donc on se doit de continuer cette mission. On va le faire, comme on l’a fait, avec le cœur, avec tout notre investissement, avec toute notre envie, notre détermination, notre rage j’ai envie de dire », affirme Belmadi. « J’ai un contrat qui est là jusqu’à décembre 2022, il n’y a pas de condition d’objectif », a précisé l’entraîneur de 46 ans.

Belmadi était à deux doigts de quitter la tête de la sélection nationale

Fils de la nation, Djamel Belmadi a très mal pris cette humiliation nationale contre le Cameroun. En effet, sans vouloir jeter l’éponge, Djamel Belmadi a fait la proposition aux dirigeants du football algérien de trouver un autre technicien capable de faire le job. « J’ai soumis à tous mes responsables mon contrat, je leur ai donné la possibilité et l’opportunité de mettre fin à ce contrat sans brouille aucune et en prenant la responsabilité, s’ils avaient pensé que je n’étais plus au niveau, s’ils voyaient l’arrivée d’un autre sélectionneur d’un bon œil. Ça n’a pas été accepté. Ce n’est pas une démission, sinon je ne serais plus là, mais c’était une proposition destinée à voir ce que les responsables du foot en Algérie avaient comme position par rapport à moi. Ils voulaient me voir continuer, et c’était indispensable pour moi. S’ils ne veulent pas de moi, je m’en vais, je laisse ça à d’autres. Le deuxième élément, ô combien important, c’est le public, notre peuple dans son ensemble, qui a apporté une voix, qui avait l’envie de croire en nous, mon staff et moi-même, nos joueurs, malgré cette crise. Je ne suis pas venu pour autre chose que ça, si j’avais choisi la facilité au sens large du terme, je ne serais pas à la tête de l’équipe nationale. Je suis là pour une raison claire et sans ambiguïté, c’est pour monter le plus haut possible le drapeau de ce pays et faire en sorte que cette équipe nationale soit la plus respectée, pas simplement en Afrique mais dans le monde. On y est arrivé, pas complètement puisque nous serions sinon en Coupe du Monde, mais d’une certaine manière, cet objectif a été atteint », a détaillé Belmadi.

LIRE AUSSI:   Ghana - Hearts of Oak : Samuel Boadu redéfinit les objectifs du club

Des « personnes identifiables » par Belmadi, qui luttent contre la rehausse du foot algérien

Dans ce long entretien avec la FAF TV, l’ancien de Manchester City et de Southampton FC s’est insurgé contre certaines personnes sur le plan national, qui luttent contre le bon fonctionnement du ballon rond algérien. Le sélectionneur, sans désigner ces personnes, confie qu’elles sont quand même identifiables. « Ce soutien me donne de la force, malgré la tristesse, l’accablement, plus de force que ces arbitres, que ces conspirateurs de l’intérieur ou de l’extérieur. Ils ne sont pas beaucoup à l’intérieur, 6-7 personnes facilement identifiables, qui défendent des projets personnels et qui foutent la zizanie, l’anarchie, qui ont des haines personnelles, n’ont jamais d’espoir, il n’y a que du sombre en eux. Quand ça gagne, ils sont obligés de se ranger tout en diminuant le mérite de ceux qui travaillent, et quand il y a un échec, nous devenons des incapables. Ils sont connus, ils nous ont fatigués et ils sont très peu. J’appelle ça du misérabilisme », déplore l’ancien de Valenciennes FC au micro de la FAF TV ce dimanche.

« Je n’étais pas un entraîneur à la recherche d’un emploi », Belmadi recadre ses détracteurs

Si bon nombre de voix ont évoqué un silence du sélectionneur des Verts après l’élimination contre le Cameroun, Belmadi, sans gamberger, répond à ses détracteurs et rappelle à ceux-ci, le rôle qui est le sien à la tête de l’équipe algérien et ses objectifs. « Sans créer de suspense ou gagner du temps, parce que j’ai entendu ici ou là qu’il (NDLR : lui-même) se doit de répondre. J’avais déjà été approché par l’Équipe Nationale avant même que je ne prenne mes fonctions en 2018. J’ai, à chaque fois, tempéré parce que c’est une grande responsabilité et que l’on ne peut pas, si l’on ne se sent pas prêt, s’aventurer sur ça. Je n’étais pas un entraîneur à la recherche d’un emploi, il me fallait y aller avec une forme de certitudes. Le jour où, à mon humble avis, je me suis senti prêt et que l’on a fait appel à moi, j’ai répondu présent. Avec ce qui s’est passé, le minimum de respect que j’ai pour mon EN et pour mon pays, après un échec qui reste un échec, même si les conditions sont les conditions, était de savoir si l’on était capable de redémarrer avant autant de force, d’énergie, de passion, de se fixer un autre objectif etc. Ça prend du temps, ce temps-là étant à la mesure du drame footballistique que l’on a vécu tous ensemble. J’ai été profondément touché. J’avais estimé, et je m’étais préparé dans un coin de ma tête à quitter mes fonctions au cas où l’échec surviendrait, qu’il faut mériter cette fonction. Je crois en la méritocratie, et si tu ne le mérites pas parce que tu as échoué ou mal travaillé, tu dois partir. J’ai un contrat qui est là jusqu’à décembre 2022, il n’y a pas de condition d’objectif », a éclairci l’ancien sélectionneur du Qatar.

Nos recommandations: