Xzpo0OY7Qak4jcZUjfak Afrique du Sud: Newlands donne à Chester Williams une ultime ovation poignante

Afrique du Sud: Newlands donne à Chester Williams une ultime ovation poignante

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Chester Williams n’est plus. Le joueur, champion du monde avec les Springboks en 1995 est mort vendredi 6 septembre des suites d’une crise cardiaque en Afrique du Sud, où il résidait et travaillait en tant qu’entraîneur de rugby à l’Université du Cap-Occidental. Il y a moins de deux mois, l’ailier âgé de 49 ans avait appris la disparition de son compère à l’autre aile, James Small, qui avait lui aussi succombé à une attaque cardiaque.

Symbole d’une Afrique du Sud réunifiée après des décennies marquées par le régime ségrégationniste et raciste de l’Apartheid qui avait pris fin en 1991, Chester Williams était parvenu à intégrer un sport jusque-là dominé par la minorité blanche, puis y briller. Quand il tire sa révérence en 2000, ce pionnier a inscrit 14 essais en 27 sélections.

Et ce samedi au Cap, ce fut un dernier hommage qui est rendu à l’ex-Springboks Chester Williams, seul joueur noir champion du monde avec l’Afrique du Sud en 1995. L’ancien ailier, devenu entraîneur de l’équipe de l’université du Cap-occidental, est décédé la semaine dernière d’une crise cardiaque à l’âge de 49 ans.

« C’était un pionnier, de nombreux gamins noirs considéraient Chester comme un précurseur, quelqu’un qui a utilisé au mieux toutes ses qualités et nous a rendus très fier », a salué François Pienaar, le capitaine du XV sud-africain sacré en 1995, lors de ses obsèques organisées dans un stade du Cap.

A l’ouverture des funérailles de Chester Williams – le héros du groupe de 1995 qui a mené SA à la victoire à la Coupe du Monde – MC John Lloyd,  debout près d’un cercueil drapé dans le drapeau de l’Afrique du Sud, a déclaré que l’équipe s’était réunie et « C’est la dernière fois qu’ils seront ensemble ».

Chester Williams était le seul joueur noir de l’équipe qui a vaincu les All Blacks néo-zélandais (15-12) lors de la finale historique de la Coupe du monde disputée en 1995 à l’Ellis Park de Johannesburg, devant le premier président noir du pays Nelson Mandela. L’épreuve marquait le retour de l’Afrique du Sud dans le concert du rugby mondial après des années de boycott pour cause d’apartheid.

Sous le régime raciste, seuls les joueurs blancs avaient le droit de faire partie des Springboks. En 1981, le demi d’ouverture Errol Tobias fut le premier joueur noir sélectionné en équipe nationale.

« Nous avons fait un long voyage ensemble, j’étais très proche de lui, j’ai joué sous le même maillot que lui pour la Western Province et l’Afrique du Sud », s’est souvenu Joel Stransky.

« On venait de cultures et de milieux différents mais on avait la même conception de la vie, c’était un privilège de le connaître. C’est si triste de devoir lui dire au revoir », a ajouté l’ancien demi-d’ouverture, auteur du drop qui a donné la victoire aux Springboks en 1995.

Chester Williams a effectué ses débuts internationaux en 1993 contre l’Argentine et a marqué 14 essais en 27 sélections. Il est le quatrième joueur des Springboks de 1995 à mourir jeune, après le troisième ligne Ruben Kruger en 2010 (cancer du cerveau) et le demi de mêlée Joost van der Westhuizen en 2017 (maladie de Charcot) et l’ailier James Small en juillet (crise cardiaque).

Le titre mondial remporté par les Sud-Africains en 1995 reste entaché de soupçons de dopage car plusieurs joueurs sud-africains de la première moitié des années 1990 sont atteints, comme Van der Westhuizen, de maladies neurologiques rares.

Aucune preuve n’a à ce jour établi de lien entre ces affections et un dopage éventuel.