Affaire Belmadi : quand le journaliste Sismondi Bidjocka prête le flanc au fanatisme

Dans une sortie qui fait la ronde des réseaux sociaux, le promoteur de la chaine camerounaise RIS FM a traité Jamel Belmadi, le sélectionneur algérien de « Terroriste ». Une sortie qui révolte certains internautes.

Avatar de Joseph Essama (Cameroun) Par 06/05/2022 - 13:55
Affaire Belmadi : quand le journaliste Sismondi Bidjocka prête le flanc au fanatisme

Sismondi Berlev Bidjocka est-il journaliste ou simple fan ? C’est en tout cas la question que se posent plusieurs internautes. Dans une sortie devenue virale, le  promoteur de la chaine camerounaise RIS FM a traité Djamel Belmadi le sélectionneur algérien de « Terroriste ». « La FIFA utilise le terroriste Belmadi et l’Algérie pour détruire l’Afrique et la CAN! », avait écrit le journaliste Sismondi Barlev Bidjocka. « Raciste qu’il est,   Infantino le président de la FIFA, voit les algériens comme ses frères blancs qu’il doit protéger contre les Camerounais noir comme l’a si bien dit le terroriste Belmadi. « Il m’a été rapporté qu’un sélectionneur arabe terroriste du nom de Belmadi a conduit l’Algérie à une rencontre contre le Cameroun.  La conséquence c’est que ce terroriste arabe fils de Ben Laden et de  Abassi Madani a traqué l’arbitre de la rencontre dans les aéroports et jusqu’en Turquie, organisant une attaque dans un autre pays la France, en plein stade contre le joueur Toko  Ekambi », avait-il ajouté. Avant de conclure : « Le football n’a pas besoin de terroristes  extrémistes arabes  dans les stades. Qui sais si Belmadi ne dissimulait pas une bombe ou un couteau Arabe ! Il semble qu’il a suivi des entraînements militaires chez Al Kaida et non une formation de sélectionneur ». Des propos d’une extrême gravité qui laissent pantois plusieurs internautes qui n’arrêtent pas de se demander qu’elle mouche a piqué Sismondi. « Non Sismondi ! C’est très fort ça. Tu ne devrais pas jouer leur jeu…Gardons notre dignité et faisons le savoir à travers les paroles que nous avançons », écrit Zeh, un internaute.

Pour plusieurs internautes, la sortie de Sismondi Barlev Bidjocka choque d’autant plus que « des propos aussi démesurés sont sortis de la bouche d’un qui se dit journaliste». « Ça s’appelle « Journaliste » ?, il ne vaut pas 10% de Belmadi. Ce brûlot, torchon est tout simplement une incitation à la haine. Quelle mouche l’a piqué? Le foot reste un jeu », soutient Le Kwat Dit, un autre internaute.

La responsabilité du journaliste

La polémique sur la sortie de Sismondi Barlev Bidjocka continue d’alimenter le débat. Les internautes ont du mal à comprendre ce qui a pu le motiver pour tenir de tels propos. Plusieurs observateurs tombent des nues, quand ils savent  que le journaliste a pour mission d’informer et non de de diffamer. « La profession de découle d’une responsabilité sociale spécifique. Dans le cas d’espèce, Sismondi Barlev Bidjocka s’est totalement déchargé de sa mission d’informer, pour sombrer dans une diffamation qui inquiète l’opinion », explique un enseignant de journalisme à l’Institut Siantou de Yaoundé.  «  Traiter Belmadi de terroriste, alors que son nom n’a jamais été associé ni de prêt ni loin à une organisation terroriste est grave ». Insinuer que Belmadi dissimulerait « une bombe ou un couteau Arabe » et qu’il aurait suivi des entraînements militaires chez Al Kaida et non une formation de sélectionneur », est simplement fou pour un journaliste, commente-t-on dans les milieux de la presse camerounaise.

Un récidiviste

Sismondi Barlev Bidjocka est un habitué du fait. Ce n’est pas la première fois qu’il est accusé de diffamation et d’apologie de la haine. Aujourd’hui, Sismondi Barlev Bidjocka s’insurge contre les propos de Belmadi qu’il traite de terrorise. « Ce psycho-narcissique énergumène omet ses propos tribalistes contre les Bamileke (un peuple vivant à l’Ouest Cameroun) », lui rappelle l’internaute Stephania. Elle se souvient que ce dernier avait déjà appelé au génocide des Bamilekés.
« Il faut mettre une balle dans la tête de chaque Bamileke », avait ordonné Sismondi Barlev Bidjocka. « Pas étonnant de le voir étaler sa violence verbale indigne pour exciter quelques velléités », ajoute l’internaute Stephania.

En décembre dernier Sismondi Barlev Bidjocka s’était déjà fondu en diffamation contre l’écrivaine Calixte Beyala, qu’il accusait de harcèlement sexuel, sans apporter la moindre des preuves.

Dans son entreprise de diffamation, ce confrère d’un autre genre avait aussi accusé Cabral Libii, l’un des opposants au régime de Paul Biya, 40 ans au pouvoir,  d’avoir gagné les marchés de prestation dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Cabral Libii avait alors porté plainte pour diffamation. Pris dans le piège de son mensonge,  Sismondi Barlev Bidjocka avait alors fait son mea culpa et écopé d’une sanction du Conseil National de la Communication, chargé de la régulation des medias au Cameroun.

A noter que dans sa sortie Contre Jamel Belmadi, Sismondi Barlev Bidjocka s’est attaqué à la fois à Gianni Infantino, président de la FIFA et à l’Algérie, insinuant que « la FIFA utilise le terroriste Belmadi et l’Algérie pour détruire l’Afrique et la CAN ». Une contre vérité, lorsqu’on sait que l’Algérie avait soutenu la tenue de la CAN au Cameroun, alors que la FIFA menaçait de reporter le plus grand évènement sportif africain. « L’Algérie, championne d’Afrique en titre, se réjouit de prendre part à cette belle compétition qui fera le bonheur de millions de férus de la balle ronde africaine, aux côtés des autres sélections qui performeront loyalement pour valoriser ce sport et ses vertus, en dépit de toute l’adversité et les obstacles dont il fait face… Aussi, nous devons tous faire en sorte pour relever le défi sanitaire durant cette compétition par rapport au nouveau variant omicron, en faisant preuve de vigilance dans le respect des protocoles mis en place par les autorités sanitaires de l’Etat du Cameroun et du Comité d’organisation, afin de préserver les acteurs et tous les présents à cette épreuve majeure de notre football continental », avait indiqué Charaf Eddine Amara, le président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), dans une lettre publiée sur le site de la fédération, à l’occasion du début de la CAN.

 

 

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Passionné de journalisme, je travaille depuis près de 8 ans comme journaliste au Cameroun. J'ai servi en tant que journaliste politique dans plusieurs rédactions au Cameroun, avant de me reconvertir en économie puis au sport. Je suis membre de l'association des reporters sportifs du Cameroun (RSC). J'ai également collaboré avec plusieurs sites sportifs Camerounais.
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