Ils ont bousculé l’ordre établi. Devant le Cameroun, contre toute attente, les Requins Bleus du Cap-Vert ont validé en septembre dernier la première qualification de l’histoire du pays pour une Coupe du Monde. Une performance majuscule, presque irréelle, qui a propulsé l’équipe dans une nouvelle dimension. Mais quelques mois plus tard, une question s’impose : cette épopée était-elle l’acte fondateur d’une nouvelle puissance africaine ou un sommet difficile à reproduire ?
Depuis cette qualification historique, la sélection capverdienne s’est faite plus discrète. Non qualifiée pour la CAN 2025, elle n’a plus occupé le devant de la scène continentale. Les regards se tournent désormais vers les prochaines rencontres amicales face au Chili et à la Finlande, deux tests importants pour jauger le véritable niveau d’une équipe appelée à défier l’élite mondiale.
Car au Mondial 2026, le Cap-Vert n’aura aucun répit. Logés dans le groupe H, les insulaires croiseront la route de l’Espagne, de l’Uruguay et de l’Arabie saoudite. Un groupe relevé avec deux anciens champions du monde. Pour une nation novice à ce niveau, l’apprentissage s’annonce brutal.
Des cadres en manque de repères
À l’approche du Mondial 2026, l’état de forme des leaders suscite des interrogations. Dailon Rocha Livramento, héros des éliminatoires avec quatre buts décisifs, traverse une période compliquée à Casa Pia, au Portugal. En 13 apparitions cette saison, l’attaquant capverdien n’a ni marqué ni délivré la moindre passe décisive. Un contraste frappant avec son efficacité passée sous le maillot national.
En défense, Diney Borges tente d’apporter de la stabilité depuis Al Bataeh, aux Émirats arabes unis. Quinze matchs disputés, un but inscrit : une régularité rassurante dans un championnat certes moins exposé. Au milieu, Jamiro Monteiro demeure l’un des moteurs techniques de l’équipe. Avec 18 matchs, 2 buts et 2 passes décisives sous les couleurs du PEC Zwolle aux Pays-Bas, il affiche une constance précieuse.
Ryan Mendes, engagé avec Igdir en deuxième division turque (17 matchs, 2 buts), apporte son expérience, tandis que des profils comme Willy Semedo, Jovane Cabral ou encore Bébé complètent un groupe soudé mais privé de véritables têtes d’affiche évoluant dans les cinq grands championnats européens.
Hasard ou véritable progression structurelle ?
C’est là que réside toute l’équation capverdienne. La qualification fut brillante, construite sur une discipline tactique remarquable et un collectif cohérent. Mais le déficit d’exposition au très haut niveau pourrait peser face aux armadas espagnole ou uruguayenne.
Le Cap-Vert a-t-il simplement profité d’un contexte favorable lors des éliminatoires, marqué notamment par les turbulences internes de certains adversaires comme le Cameroun ? Ou a-t-il réellement franchi un cap structurel et mental ?
Les matchs amicaux contre le Chili et la Finlande offriront un premier élément de réponse. Avant d’entrer dans l’arène mondiale, les Requins Bleus doivent prouver que leur exploit n’était pas un accident de parcours, mais le début d’une nouvelle ère.






