La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a annoncé son intention de faire appel des sanctions prononcées contre le Sénégal après la finale de la CAN 2025. En annonçant la procédure, l’instance marocaine ouvre un nouveau front juridique. Une démarche qui interroge, tant sur l’opportunité que sur le message envoyé au football africain.
La Fédération royale marocaine de football a officialisé, dans un communiqué, sa décision de faire appel des sanctions infligées par la Commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2026 face au Sénégal. La FRMF estime ces sanctions « disproportionnées » au regard des faits, évoquant notamment le retrait des joueurs sénégalais, l’envahissement de la pelouse par des supporters et les troubles qui s’en sont suivis.
Un appel ciblé… sur l’adversaire
Fait notable, l’appel annoncé par la fédération marocaine ne porte pas sur les sanctions qui la concernent directement, mais bien sur celles infligées à son adversaire sénégalais. Pour la FRMF, les décisions disciplinaires rendues ne reflètent pas, selon elle, « l’ampleur et la gravité » des incidents constatés.
Cette posture laisse transparaître une lecture très offensive du dossier, d’autant plus que le Maroc, battu sur le terrain lors de cette finale, relance le débat sur les suites institutionnelles du match. À Rabat, la défaite semble encore difficile à digérer, malgré le temps écoulé et la reconnaissance officielle du Sénégal comme champion d’Afrique.
Une démarche qui questionne l’esprit sportif
Sur le fond, la FRMF est parfaitement dans son droit en saisissant les voies de recours prévues par les textes. Sur la forme et l’opportunité, en revanche, le malaise est réel. En s’attaquant aux sanctions visant un « pays frère », la fédération marocaine donne le sentiment d’entretenir une rancœur persistante, au risque d’alimenter des tensions inutiles.
Cela semble être une tentative indirecte d’obtenir une victoire sur tapis vert, voire de pousser vers une hypothèse extrême : celle d’une édition « blanche », sans champion officiellement reconnu. Une perspective qui heurterait l’essence même de la compétition et le principe de justice sportive.
Le rôle d’une grande fédération africaine
Le Maroc, fort de son influence au sein des instances continentales et internationales, aurait pu emprunter une autre voie : celle de l’apaisement. À l’image du Sénégal, qui n’a pas fait appel, la FRMF pouvait choisir de tourner la page, tout en travaillant avec la CAF à renforcer les mécanismes de prévention pour que de tels incidents ne se reproduisent plus, ni chez elle ni ailleurs.
À ce stade, l’appel marocain apparaît moins comme une quête d’équité que comme une contestation persistante du verdict sportif. Un choix qui expose la fédération à des critiques et pose une question centrale : le football africain a-t-il besoin de batailles juridiques post-compétition, ou d’exemples forts en faveur de la paix, du fair-play et de la responsabilité collective ?






