La Confédération africaine de football (CAF) a infligé des sanctions à des joueurs, des staffs techniques et des fédérations de plusieurs pays. Du Sénégal au Maroc, en passant par l’Algérie, les concernés ont été punis à l’issue de la Coupe d’Afrique des Nations pour des comportements jugés répréhensibles sur et autour des terrains. Mais au cœur de cette vague de décisions disciplinaires, un acteur majeur semble avoir été épargné : l’arbitrage.
À la CAF, les arbitres apparaissent comme intouchables. Aucune menace de sanction disciplinaire ne plane sur eux, alors même que, tout au long de la compétition, les polémiques se sont multipliées. Décisions contestées, fautes manifestes non sanctionnées, penalties litigieux, usage inégal de la VAR… Les erreurs arbitrales, parfois lourdes de conséquences sur l’issue de rencontres décisives, ont été dénoncées par les acteurs du jeu, les observateurs et les supporters. Pourtant, sur ce sujet sensible, l’instance continentale est restée étonnamment silencieuse.
La CAF couve-t-elle des œufs pourris ?
Aucune communication officielle, aucune audition publique, aucune sanction annoncée à l’encontre des arbitres mis en cause. Faut-il y voir une protection systématique du corps arbitral face aux joueurs et aux équipes ? La CAF redoute-t-elle d’ouvrir un chantier susceptible d’ébranler davantage la crédibilité de ses compétitions ? Ou, plus grave encore, ce silence traduit-il une forme de complaisance face à des manquements pourtant visibles ? En refusant d’appliquer à l’arbitrage la même rigueur disciplinaire qu’aux autres acteurs, l’instance continentale entretient un malaise persistant.
Au final, sanctionner joueurs et fédérations sans interroger la qualité de l’arbitrage revient à laisser planer un doute sur l’équité globale de la compétition. Pour restaurer la confiance, la CAF ne peut se contenter de punir les dérives visibles : elle doit aussi avoir le courage de regarder en face ses propres failles. L’exigence de discipline ne saurait être à géométrie variable.






